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Enfers & Damnation
Une nouvelle intrigue : Une maladie, un virus, bien étrange ravage la communautés des vampires.
Fièvre, Hallucinations, Vomissements, Coma, Soif de Sang, Sautes d'Humeurs, ... sont au Rendez-vous.

Nous avons une surpopulation de vampires ~ Tentez de favoriser les humains, ou bien la Damnés Ahmès & Akai Yume

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 Rencontre musicale

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Lysandre Carpenter

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MessageSujet: Rencontre musicale    Dim 21 Aoû - 0:32

Le musicien soupira. Sa main alla caresser la tête de Velvet. Au moins, ce contact, cette présence lui permettait de ne pas exploser. Il était énervé depuis sa rencontre de la veille. Cet homme mystérieux qui ne lui causait que des problèmes. S'il le recroisait, il se jurait de … De quoi ? De l'ignorer ? Il savait qu'il n'en serait pas capable. Sa curiosité était à vif, comme jamais auparavant. Comme si cette rencontre aurait dû bouleverser toute son existence, et qu'il avait finalement raté son rendez-vous avec le destin. De toutes façons, cet homme il ne le reverrait pas. Point final. Maintenant, il devait affronter une autre réalité toute aussi pénible qui se tenait à côté de lui dans la voiture.

« Mais vous vous rendez compte des risques que vous avez pris Monsieur Carpenter ? S'il vous était arrivé quelque chose ! Paris n'est pas une ville sans danger ! Vous auriez pu faire une mauvaise rencontre, et... »

« Cela n'est pas arrivé, alors arrêtons de parler de cela s'il vous plaît. J'aimerais pouvoir me concentrer avant de jouer. »coupa d'une voix neutre l'aveugle.

L'homme s'arrêta, visiblement gêné. Peut-être s'était-il aperçu qu'il s'avançait dans sa vie privée, dans sa liberté la plus fondamentale. C'était peut-être par gentillesse qu'il s’inquiétait pour lui. Non, c'était l'agent de presse de la salle dans laquelle il jouait ce soir, ce n'était donc que pur intérêt. Il eut un léger soupir, agacé par tant d'hypocrisie mal dissimulée. Le trajet fut pénible, longue, l'atmosphère étant devenue très pesante. L'agent de communication n'ayant pas rouvert la bouche depuis la coupure de l'artiste.

L'arrivée dans la salle de spectacle fut une libération. D'autant plus qu'il savait qu'à partir de là, il allait répéter pour le concert, et donc avoir la paix, car en général, son jeu ne nécessite que quelques modifications dues à l’acoustique des lieux. Il allait pouvoir laisser libre cour à ses pensées. A son vagabondage. A l'objet de toutes ses réflexions. Lui. Cette nouvelle obsession incontrôlable.

Il joua avec passion pendant les quelques heures qu'il leur restait. Ses partenaires de jeu étaient des gens de qualités. Les réglages furent vite effectués. Le temps qui restait, il le passa seul à vagabonder dans les coulisses. Les heures passèrent. Il finit par aller se changer, enfilant leur costume de scène. Un costard noir avec une chemise blanche, d'après ce qu'on lui dit.

Le public commença à rentrer. Calmement. Le public qui vient écouter du classique est rarement très bruyant. Lysandre fit une dernière caresse à Velvet. Et puis, il entra. Ses quelques collègues étaient déjà assis à leurs violoncelles, il ne manquait plus que lui, le soliste. Celui qui serait épiait pour sa maîtrise, pour l'émotion de son interprétation. Une lourde tâche. Il s'avança humblement, restant quelques secondes debout pour saluer son public. Et là...

Il faillit se prendre les pieds dans sa chaise. Il était là ? Non, il devait rêver. Cette odeur pourtant, c'était la même qu'hier ! Son visage fut parcouru pendant une seconde d'une lueur d'incompréhension. Mais il se reprit. Même s'il était là, il devait jouer. Non, il devait jouer comme jamais. Il allait faire plus encore que d'habitude honneur à Bach, et tous les autres compositeur qui devait passer dans son répertoire ce soir là.

Le concert fut applaudi. Il était épuisé. Durant tout ce temps, il n'avait fait que penser à cette odeur. A cet homme. Comment était-il ? Le « verrait »-il à la fin du concert ? Ou resterait-il encore frustré ? Chaque seconde de concentration sur la musique lui coûtait énormément. Que lui arrivait-il ? Comment pouvait-il troquer son amie de toujours pour un inconnu ? A chaque fois qu'il s'apercevait de ses divagations, il mettait un peu plus de passion dans sa musique. Luttant contre lui-même. Les applaudissements furent pour lui un accomplissement. Il salua le public avec ses collègues. Il était toujours présent. Toujours là. Son ange glacé se trouvait donc là, sans qu'il puisse savoir où, dans cette foule d'odeur et de voix. Il pesta intérieurement contre sa cécité. Tout aurait été tellement plus simple, s'il avait pu ne serait-ce qu'entrevoir sa silhouette.

Il quitta la scène. Dans les coulisses, on le congratula, ses partenaires félicitèrent sa performance, affirmant avoir été honoré de jouer avec lui. La moitié ne le pensait pas. Il jalousait tout simplement son statut de soliste. Il les comprenait. Il leur répondit avec un sourire, et se changea. Reprenant des habits plus chauds, et son manteau, il rejoignit son compagnon de toujours. Le chien à son approche jappa.


« Oui, oui, je sais Velvet, je suis là... Oui, c'est toi le plus beau ! »dit-il joyeusement en lui flattant l'encolure.

Puis attrapant sa laisse et son harnais, il sortit par l'arrière de la salle. Comme toujours, un petit groupe de badauds, curieux et autres fanatiques s'étaient attroupés. Ses yeux vides ne pouvaient s'empêcher de bouger, il le cherchait. Mais à l'extérieur, les odeurs n'étaient pas aussi perceptibles. Il s'avança. Quelques individus l'abordèrent, il leur signa quelques objets. Il n'était pas là. Il n'était pas venu. Il se fichait de lui. Il n'était qu'une quantité négligeable. Il serra encore quelques poignées de mains. Il allait partir. Oh, une dernière personne qui s'avance vers lui. Il lui sourit, le remerciant d'être venu, il serra sa main.

« Vous.... Je.... Je vous connais... ? »demanda-t-il d'une voix timide.

Il ne lâcha pas sa main. Il ne voulait pas le laisser partir à nouveau. Maintenant qu'il était là, il ne voulait pas le voir lui échapper. Il voulait lui demander pourquoi il lui faisait un tel effet. Pourquoi sans même le connaître sa présence lui semblait si agréable, si indispensable. C'était incompréhensible ! Totalement !


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Kellian C. Andrews
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MessageSujet: Re: Rencontre musicale    Dim 21 Aoû - 3:09

Spoiler:
 

La veille ▬ Ce n'était que pour rentrer de cette université... Un ticket de métro pour rentrer chez moi. Pour déserrer ma cravate, poser mes affaires, prendre un verre de sang, et oublier cette longue et ennuyante journée sous une douche fraîche... Ce n'était que cela, ni plus ni moins... Pourtant... J'ai cru mourir. Un instant, j'ai sentit une odeur... Indescriptible. Une odeur... Qui me faisais penser à Elena. Ma douce et tendre Elena... Je déteste que mes souvenirs reviennent pour me torturer l'esprit et m'imposer son image... Cette odeur m'enlaçait lentement, m'étranglait tendrement... Il s'insinuait dans mon être entier, sans que je ne puisse y faire quelque chose... J'avais l'impression de raviver toutes mes douleurs d'un seul coup. Ce trou béant en moi, cette peur de perdre mon âme soeur, cette souffrance innommable lorsqu'elle est morte sous mes yeux... J'avais l'impression de la sentir en moi. A mes côtés. Contre moi... Comme si elle était là, toute proche... Elena caressait mes cheveux, elle frôlait ma folie du bout de ses doigts, et moi... Moi, je ne bougeais plus, je le voyais. Je voyais cet ange tombé du ciel, je voyais cet homme parmi cette foule, avec son chien. Un homme totalement perdu.

Le temps s'était arrêté. Mon coeur ne vivait plus. Mes souvenirs m'heurtèrent avec violence.

(...)

J'ai passé la soirée à boire, je l'avoue. Je voulais faire taire cette voix dans ma tête, celle de l'Ange, celle de ma femme, je voulais tout oublier. Je ne voulais pas que tout recommence, non, je ne voulais pas. Pourquoi Dieu s'acharnait-il autant sur moi ?! Il m'avait offert l'amour, mon âme soeur, une petite fille, une famille, le bonheur, tout. Et il m'avait tout repris ! Avant même que je ne puisse savourer cela ! Mon Elena était morte ! Assassiné ! Et je n'étais qu'un monstre, un monstre qui n'avait plus de but, si ce n'était d'obéir sagement à un Roi, d'espérer inutilement que ses anciens beaux parents daignent lui rendre sa fille... Me rendre ma fille ! Le fruit de mes entrailles ! Mon trésor si loin de moi, chose qui me torturait nuit et jour... J'étais en vie grâce à elle, et je désirais son amour plus que tout... Non, je n'étais qu'une âme errante, qui ne survivait que grâce à son passé, à des souvenirs brisés que je chéris tant...

Et plus tôt... J'avais cru rencontrer Elena. Encore. Mais ce n'était pas elle, c'était un homme que je ne connaissais guère. Ce n'était pas possible. Je ne pouvais pas avoir un second âme soeur ! Je n'avais jamais entendu d'une chose pareille, et c'était bien trop violent et dévorant, je reconnaissais cette sensation magnétique et doucereuse...

Le lendemain ▬ La musique classique. Cela allait me calmer, me purifier, me laver l'esprit. Je serais bercer et transporter par ces notes. Et j’oublierais tout. Pourtant, l'attente ne fut pas très longue, et mes espoirs volèrent en éclats. Je me sentais suffoqué lorsque je vis ce soliste. Plus je respirais son odeur, plus mes envies se dissipaient... J'avais envie d'en savoir plus sur cet homme... Je ne lâchait pas des yeux une seule seconde, j'observais le moindre de ses mouvements, la moindre ses expressions. J’accueillais les moindres notes de son violon avec plaisir. Elles fondait avec violence en moi, et je sentais mon corps vibrer avec ses cordes... C'était une osmose parfaite, et si étrange. J'avais l'impression de sentir ses sentiments, ou bien étais-ce les miens qui explosaient... Mais j'avais cet égocentrisme de penser, de croire peut-être que ce qu'il jouait était pour moi. C'était comme si il n'y avait plus que lui et moi, les autres personnes n'étaient plus là... Ils avaient tous disparut. Je ressentais le moindre de ses muscles, j'entendais le moindre de ses battements, son souffle aussi... Mais ses pensées... Non, je ne voulais pas les connaître, je ne voulais pas voir une femme dans sa vie, et des enfants.

Je ne voulais pas voir sa vie... Mais j'avais envie d'en faire partie... J'avais déjà brûlé mes ailes : je n'ai plus rien à perdre, si ce n'est ma vie.

Comme tout le monde, et même bien plus, j'applaudis. Ce tonnerre prouvait que tous avaient été secoué comme moi.... Presque. Pas autant. C'était tout simplement impossible ! C'était mon prodigue. Mon ange, mon violoniste.

Et voilà que je sombrais de nouveau dans cette bétise... Je soupirais, agacé, en me levant. Pourquoi étais-je si prévisible ? Pourquoi ne partais-je pas tout de suite ? Je n'étais pas attaché à lui, je ne le connaissais pas, je pourrais l'oublier très vite... Oui, oui, beaucoup de mot, beaucoup de vent... Mais j'avais envie de... D'échapper à la mort. Je voulais sentir la brûlure de ses lèvres contre les miennes...

(...)

« Vous.... Je.... Je vous connais... ?
- Non... Mais, moi je vous reconnais... Nous nous sommes croisés hier au métro.
Un doux sourire se glissa sur ses lèvres, alors qu'il gardait son regard tendre sur lui. Il ne lâchait pas non plus sa main gantée, alors que les siennes étaient froides... Il souffla un brin plus bas : Vous avez vraiment été impressionnant. C'était... Magique. Passionné. .... Je tenais à vous le dire. »

Et j'observais ton visage sans rien ajouter de plus. Puis tes yeux pâles et vides.... Tellement vide. Tu étais triste je le sentais. Je n'avais pas besoin de lire tes pensées pour le sentir... Tu transpirais ce que je vivais... Nom de dieu.

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Lysandre Carpenter

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MessageSujet: Re: Rencontre musicale    Dim 21 Aoû - 22:12

Pendant tout le concert, il avait espéré ce moment, il avait voulu le revoir lui parler. Et là, la seule chose qu'il réussissait à dire, c'était ça ? Mais c'était pathétique ! A croire que jamais il ne serait capable de faire correctement quelque chose dans sa vie. L'homme allait le prendre pour un fou. Le trouver plus ridicule que tous. On allait lui rire au nez ! Il allait ruiner toute l'estime qu'il avait gagné durant le concert par cette simple phrase, et puis comment pourrait-il se souvenir d'un hurluberlu croisé dans le métro un soir de pointe ?

Sa réponse fut donc inattendue. Étonnante. Agréablement surprenante. Il s'était souvenu de lui ? L'aveugle eut du mal à contrôler sa joie, son sourire s'agrandit sans doute à ces simples mots. Son cœur s’accéléra. Il était envahi par la joie. Il était euphorique. Il se souvenait de lui ! Cette simple idée ôtait la moitié de ses craintes. Il n'était pas passé pour un simple fou, enfin si, peut-être, mais pas un fou qu'on oubliât. Quoique, ce devait être difficile d'oublier un aveugle albinos qui vous course dans un couloir. Sans doute... Mais le fait était là, c'était tout ce qui importait !

La suite... Fit apparaître quelques lueur rosées sur ses joues. Il était pourtant habitué à ce qu'on le complimente, pourtant, là, c'était tellement différent. Les mots de cet homme semblait être cent fois plus importants que ceux qu'on lui avait déjà dit. C'était tellement plus que de vulgaires compliments lâchés à tous les musiciens. Ils étaient dit avec cette voix magnifiquement ensorcelante. Et il semblait si sincère.


« Merci... »bafouilla-t-il un peu perdu dans ce qu'il devait dire ou non.

N'était-il pas en train de se perdre dans les méandres d'une adoration infondée et totalement invraisemblable. Tout était tellement confus quand cet homme se tenait près de lui. Et puis...

Ce fut un couinement qui le fit tomber de ses indécisions. C'était Velvet. Il gémissait depuis quelques secondes déjà. Essayant de s'éloigner de l'homme timidement. Lysandre fronça les sourcils soucieux. Il n'avait jamais vu son chien avoir peur de quelqu'un. Il était très sociable habituellement. L'aveugle lâcha la main de l'homme, s'accroupissant vers l'animal.


« Excusez moi, je suis à vous dans quelques instants... Pardonnez moi. »
dit-il à l'intention de son interlocuteur.

Son fidèle ami était important, mais il ne voulait pas que l'homme croit que la conversation était finie. Il voulait la continuer. Des heures durant. Des jours durant s'il le pouvait. Un couinement le ramena à son premier soucis. Il caressa le chien, vérifiant par la même occasion s'il ne s'était pas fait mal. Non, rien d'apparent. Avait-il donc vraiment peur de ce mélomane ?

« Chhht... Calme toi mon beau... N'aie pas peur.... Cet homme ne te veut pas de mal... Il est gentil... et mélomane... Allez Velvet... Chut. Tout doux. »chuchota-t-il dans sa langue natale.

Il aurait bien ajouté, fascinant, attirant, et beau à la description de cet admirateur, mais si il comprenait l'anglais, il se serait totalement compromis. Il ne voulait pas témoigner du trouble que cet être éveillait en lui. Cela pourrait être mal interprété. Cet homme devait être un père de famille respectable, alors, il lui devait un immense respect, beaucoup de retenue. Au son de sa voix, l'animal s'était instantanément calmé. Il restait néanmoins un peu méfiant, s'allongeant, cachant sa tête entre ses pattes. Lysandre le caressa encore quelques secondes avant de se relever.


« Désolé... Mais, il doit être un peu fatigué, d'habitude il apprécie tout le monde... Je ne comprends pas bien... »
expliqua-t-il d'un ton légèrement confus.

Il essaya de lui sourire, espérant le regarder de face, mais c'était toujours assez compliqué à évaluer. Puis, il reprit, tentant de formuler au mieux son idée.


« Je suis heureux que vous soyez venu me voir, parce qu'au moins, comme cela, je peux savoir le nom de la personne pour qui j'ai joué ce soir avec autant de conviction... Votre parfum est reconnaissable entre mille, vous avez très bon goût. »


Il espérait que sa question ne soit pas interprétée de façon licencieuse. Il disait cela en toute politesse et sans arrière pensée. Ce n'était que la vérité la plus pure. Ses mots avait était dit sur le même ton que ceux de son interlocuteur, légèrement plus bas que la normale, pour éviter les oreilles indiscrètes qui pourraient déformer l'essence de tels propos.


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Kellian C. Andrews
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MessageSujet: Re: Rencontre musicale    Dim 21 Aoû - 23:36

Un sourire.
J'observais ce sourire qui venait se glisser sur ses lèvres pâles, qui exaltait la joie et la satisfaction. Un vrai sourire, pas l'un de ces sourires hypocrites qui venaient orner les lippes d'un homme pour se dissimuler, pour ne pas s'embêter... Et j'éprouvais déjà cette sensation de satisfaction extrême que de l'avoir fait sourire si rapidement : le manteau de la froideur n'était pas venu se poser sur lui, je n'aurais pas à me sentir mal parce que mon... Second âme sœur me repousse sans même me voir, sans même savoir ce que je suis réellement...

Et ce fut à mon tour de sentir mes lèvres s'étirer dans un sourire tendre, doux, en voyant ses joues pâles rougir malgré la froideur du temps. Moi, qui depuis des années avaient oublié combien un sourire pouvait être spontané et naturel, lorsqu'il n'était plus qu'une simple comédie calculée pour tenir les proches à distance... Je n'étais qu'un trou noir, un être vide... Et lorsque cela me frôlait l'esprit, je venais à me dire que je devrais plutôt me tenir loin de cet être si fragile... J'étais un monstre : je n'allais faire que tâcher sa robe de pureté de mes secrets les plus sombres, de mes péchés les plus impardonnables. Dieu ne pouvait plus me sauver : j'étais condamné depuis longtemps, et je ne pouvais me permettre d'en faire autant avec lui... Oh, je tenais le même discours avec Elena... Les paroles sont savoureuses, et les actes révélateurs. Quand diable arrêterais-je de me mentir ?

Cette gêne était irrésistible, et plutôt surprenante. Je voguais parmi les concerts : j'adorais la musique, et particulièrement la musique classique. Beaucoup étaient devenu égocentrique, acceptant les compliments et diverses flatteries avec un sourire fier aux lèvres. Surtout les solistes, dont leur place étaient tant convoité...Non, lui... Il rougissait. Un peu plus, et j'aurais pu me laisser à caresser cette joue du bout des doigts... Mais cette familiarité n'avait pas sa place entre deux inconnus... N'est-ce pas ? Alors permets moi d'effacer ce mot "inconnu", et de pouvoir apprendre à te connaître.

Puis, tout comme le musicien, mon regard fut attiré par le chien... Ce magnifique chien d'aveugle qui semblait ne pas apprécier ma compagnie de vampire. J'eus une simple moue, et je m'écartais doucement pour laisser respirer l'animal, pour qu'il ne se sente pas agresser. Cet anglais parfait me fit sourire. Bien sûr que je comprenais l'anglais, tout comme de nombreuses autre langues. Il faut vivre de son temps, paraît-il... Doucement, je vins poser le bout de mes doigts sur le museau de l'animal, lentement, délicatement, sans l'effrayer. Je le laissais renifler cette main froide et morte pour qu'il s'habitue à mon odeur... Mon cher Velvet, je crois que nous allons nous revoir souvent. Un sourire amusé dévora mes lippes lorsque je sentis sa langue chaude contre mes doigts. Je glissais ma main contre son poil, avant de me redresser après le musicien...

« Ce n'est pas grave. Puis il y a beaucoup de monde.... »

Doucement, je viens resserrer mon écharpe autour de mon cou. Pas que je n'ai froid, en réalité, je n'aurais pas plus froid si j'aurais été nu en Alaska, mais c'était une habitude dite "normale" et surtout "humaine" que j'avais prit au fil du temps. Et puis cette légère sensation de chaleur autour de ma gorge me réconfortait... Mais ces paroles me laissèrent surpris :

« Je suis heureux que vous soyez venu me voir, parce qu'au moins, comme cela, je peux savoir le nom de la personne pour qui j'ai joué ce soir avec autant de conviction... Votre parfum est reconnaissable entre mille, vous avez très bon goût.
- ... Vraiment ? Vous avez jouez seulement pour... Une odeur ? »


C'était de la surprise, pure et dure. Mais douce et agréable. Je sentais moi même mon petit coeur mort s'éveiller. Et c'était plutôt déstabilisant. C'était tellement fort et inattendu, que j'espérais pouvoir me contenir face à cet humain qui n'avais rien demander. De la joie, une satisfaction étrange qui allait me dévorer tout entier cette soirée visiblement ! Il avait joué pour moi... Moi, simple et idiot vampire, qui plus tôt dans la soirée, avait eût la vanité de penser que ce violoncelliste jouait pour mon exclusivité... Et il y avait mis ses sentiments... Pour... Moi ? Etrange.

« Je m'appelle Kellian Andrews... Un petit anglais qui s'est perdu à Paris pour enseigner l'Histoire... Et je ne savais pas que mon odeur était si particulière. »

Pourquoi j'en disais autant ? Aucune idée. Une impulsion étrange. Cette envie de lui confier des choses sur moi, pour qu'il en fasse autant, pour qu'il me laisse en voir plus sur lui... Il ne me voyait pas, mais il m'entendait, et il allait me découvrir ainsi.

Mais autour de nous, les gens filaient, nous évitait, regardait droit devant. Il y avait du bruit, parfois un rire. Mais le fait était que nous allions bientôt n'être que tous les deux. Un bref instant, je me mordis la langue, sentant ma gorge se nouer. Pathétique. C'était un stress d'adolescent ! Celui qui s’apprête à inviter pour la première fois une jolie fille qui le fait fondre... l'inviter... Oui c 'est ça ! Je n'avais pas envie de rentrer maintenant, là comme ça.

« Je peux vous quémander quelques minutes de votre temps ? ... J'aimerais vous inviter à boire un café ou... Ce que vous voudrez ... »

Ma voix si calme et suave, fut enrobée quelques secondes d'un brin de nervosité. De stress. Cette envie de ne pas essuyer un échec. J'avais envie de l'emmener loin...

Des envies !
Un véritable tourbillon ! Un véritable chaos de sensations et de rêves. J'avais l'impression d'être tirer de plus en plus de cette léthargie qui me collait tant à la peau ! Je m'éveillais d'un sommeil, d'une morte froide et délicieuse. Quelque chose me tirait loin de mon passé, loin de mes souvenirs, et pourtant cela était tellement proches ! Moi qui ne quémandait que le calme, et le repos, je me voyais des siècles plus tôt à croiser le regard d'Elena...

A croiser ton regard, et croiser les doigts comme un enfant de pouvoir passer un peu plus de temps avec toi.
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Lysandre Carpenter

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MessageSujet: Re: Rencontre musicale    Lun 22 Aoû - 0:47

Le chien s'était calmé. Avait-il compris que cet homme était la chose qui faisait rayonner de joie son maître ? Ou n'avait-il juste plus peur d'intentions prédatrices qu'il avait cru déceler ? Le fait était que le gardien sommeillait calmement auprès de son maître. Qu'importait le monde autour d'eux. Dire que c'était le monde qui le perturbait, il était un chien, pas un animal stupide ! Voyons ! Petit soupir canin.

L'aveugle eut un léger rire à la question de l'homme. Pour quoi aurait-il voulu qu'il joue ? Les odeurs, c'était la meilleure perception qu'il avait de chaque individu. Chaque parfum, chaque sueur, chaque note odorante avait son lot de signification. Jouer pour une odeur, c'était jouer pour quelqu'un d'appréciable pour lui.


« Oui... Il faut dire que j'aurai eu du mal à jouer pour vos beaux yeux, ou votre sourire. C'est un peu compliqué pour moi... Si vous voyez ce que je veux dire... »dit-il avec une pointe de malice, s'amusant d'un étonnement qu'il trouvait si drôle.

Mais il devait bien avouer qu'il aurait réellement aimé voir cet homme, juste une fois, pour imprimer son image dans sa mémoire. Il avait bien d'autres choses à mémoriser, sa voix, son odeur, ses intonations. Pourtant, les images lui manquaient depuis qu'il ne les voyait plus. Même quand il voyait mal, il pouvait découvrir l'entièreté de ceux qu'il appréciait, maintenant, il n'en avait plus que des fragments, formant un tout plus ou moins complet.

Kellian... Kellian Andrews. Un anglais ? Eh bien, il avait bien fait de ne pas trop en dire à son ami Velvet, sinon, il se serait trouvé bien bête ! Et il en apprenait encore plus sur ce charmant garçon... Il était donc professeur d'histoire ici ? Pourquoi n'enseignait-il tout simplement pas en Angleterre si c'était son pays d'origine ? Etrange. D'autant plus qu'il ne semblait pas enchanté de vivre dans le pays des amoureux. Vraiment, cela intriguait le musicien. Il sortit de cette réflexion avec la remarque sur son odeur.... Les rougeurs de ses joues revinrent au galop. Il se mordit la joue. Comment expliquer qu'il n'avait jamais senti de cette manière l'odeur de quelqu'un d'autre ? Comment expliquer que seule la sienne s'était gravé si fortement dans sa mémoire ?


« Et bien... C'est que votre odeur est... différente des autres.... Elle est... très belle. »
chuchota-t-il d'une voix à peine audible, gêné d'avouer quelque chose de ce genre, s'étant remis à l'anglais par automatisme.

Il ne savait pas comment expliquer cette chose si inexplicable. Rah, il devait encore passer pour un fou auprès de Kellian. Quel joli prénom. A croire que tout devait lui plaire en cet homme. Ou alors l'aimait-il uniquement parce que c'était justement son prénom. Tout s'entrecroisait, tout s'emmêlait si profondément. Il n'y comprenait pas grand chose. C'était nouveau pour lui cette envie si intense de connaître quelqu'un, de vouloir l'apprendre par cœur, de vouloir passer tout son temps avec lui. Peut-être que c'était ça l'amour ? Non, il s'emballait. Il avait juste le pressentiment qu'ils devaient faire connaissance.... Mais son âme romantique ne pouvait s'empêchait de sauter d'idée en idée à une vitesse folle, et...

Une invitation ! C'était bien la première fois qu'on l'invitait ainsi après un concert. C'était un signe. Il ne pouvait, il ne devait, et d'ailleurs, il ne voulait pas refuser ! Au contraire, il jubilait à l'idée d'être seul face à lui. De pouvoir lui parler un peu plus librement qu'ici avec tous ces jaloux près à lancer une rumeur à la moindre de ses paroles. Il remarqua bien le léger tremblement dans le début de son invitation, mais il essaya de ne pas l'interpréter. Il l'invitait, point, il ne voulait pas se poser plus de questions.

« Je serai ravi de boire... un chocolat chaud avec vous, il est un peu tard pour un café non ? »répondit-il d'une voix ravie, laissant percé l'euphorie juvénile de la découverte.

Lysandre attendait le son de sa voix en réponse, mais hélas, une main sur son bras et une voix qu'il n'attendait pas se fit entendre. Celle de l'agent de communication de la salle. Celui qui se « chargeait » de lui comme d'un boulet.


« Monsieur Carpenter, il commence à se faire tard, je vous ai appelé un taxi qui vous ramènera à votre hôtel et je... »

« Ce n'est pas la peine. Vous pouvez annuler cela. Comme vous pouvez le voir, je suis actuellement avec un ami, et j'aimerai pouvoir profiter pleinement de sa présence, sans que vous essayiez de maîtriser ma vie comme celle d'un enfant de quatre ans. Donc, je vais partir avec mon ami ici présent, et je rentrerai à mon hôtel quand bon me semblera, puisque j'ai les clefs de ma chambre. Passez une bonne soirée, monsieur Delaurie. »coupa-t-il d'une voix calme, qui laissait tout de même poindre un fort agacement.

Cela dit, il attrapa le bras de Kellian, indiquant à son chien qu'il partait, commençant à les éloigner de cet homme qui l'exaspérait.

« J'espère que vous avez un moyen de transport, parce que je crois que je viens de nous faire perdre un taxi tout frais payés.... »murmura-t-il amusé et gêné à la fois.

Il ne lâcha pourtant pas son bras, trouvant ce contact, tellement appréciable, et puis, au moins, il était sûr d'être bien guidé.


Dernière édition par Lysandre Carpenter le Ven 2 Sep - 18:05, édité 1 fois
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Kellian C. Andrews
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MessageSujet: Re: Rencontre musicale    Mar 23 Aoû - 15:06


« Oui... Il faut dire que j'aurai eu du mal à jouer pour vos beaux yeux, ou votre sourire. C'est un peu compliqué pour moi... Si vous voyez ce que je veux dire...
- Veuillez pardonner mon indélicatesse... Mais ce n'est pas vraiment ce que je voulais insinuer par là. Généralement on s'attend à ce qu'un musicien joue pour tout un publique, ou même pour sa satisfaction personnelle... Pas pour une unique personne. Du moins pas dans ce contexte-ci.... Surtout que vous ne me connaissiez pas... »


Et j’avais un sourire aux lèvres. Sûrement un sourire très idiot : comme quoi cette maladie niaise était contagieuse à voir ses lèvres il y a quelques secondes. Je me sentais vraiment... Bien. Entonnement, étrangement bien avec lui, à lui parler. Nous aurions pu parler de potage ou de la météo comme dans ces films à l'eau de rose, je crois que j'aurais eût le même sourire que si nous avions eût une discussion sur un sujet qui me tient à cœur et que l'homme qui se trouvait en face de moi partageait enfin mon avis, grâce à mes arguments.

Je sais ce que peut faire l'amour comme dégâts. Je les connaissais tous, sur le bout des doigts. Je savais aussi comme je pouvais être possessif, et jaloux, terriblement infernal lorsque l'amour venait me frapper, de par la personne que l'on nommait "äme soeur" chez les vampires. Non, pas cette personne que les humains désirent, et aimeraient pouvoir leur donner ce nom, ou on la vanité de le faire... Non. La vrai, l'unique. Une nouvelle malédiction sûrement dans notre éternité, pour punir les péchés de la première lignée, et que les suivantes perpétuent.
Comme si on pouvait trouver un quelconque plaisir à tuer... Bon. Je retire ce que je viens de dire, j'y ai déjà trouver du plaisir, et j'en ai honte, très honte. Un tel plaisir ne devrait pas exister... Nous ne devrions tout simplement pas exister. Je ne comprendrais jamais pourquoi les humains s'acharnent à désirer l'éternité, et vieillir tout en restant beau... nous avons tous ca, et je le méprise. J'ai tout ca, et je ne désire que mourir. Je veux tout simplement avoir la paix, qu'on cesse de me rappeler mes obligations dans ce monde, dans ce peuple de fous de malades.... En faite, j'aimerais être humain. Je savourais ma vie bien plus que je ne l'ai déjà fait dans mes centaines d'années d'existences...

Mon odeur est belle ? Mon dieu mais si tu savais... Elle n'est pas seulement belle ! Elle est lié à mon aura ! Si tu savais pourquoi elle est si reconnaissable, si puissante ! Je hais mon aura. Je hais mon odeur. Je hais mon souffle qui est apparemment des plus exquis pour les humains. Je hais ma beauté que tu ne peux pas voir, dieu soit loué. Je hais entrer dans un café et voir tous ses regards appréciateurs se poser sur moi. Je hais toutes ces femmes qui me sourient, je hais mon quotidien. Je hais mes élèves qui n'ont d'yeux que pour moi, qui écoutent en cours, qui prennent des notes. J'aimerais qu'un jour on me regarde avec dégoût, qu'on soupire à mon passage, qu'on me déteste et me méprise d'un seul regard... Mais pas toi. Non, pas toi. Je ne sais pas comment mourir, et je n'ai pas envie de connaître une nouvelle souffrance semblable à celle que j'ai pu savourer des années, des siècles entier à la perte de ma femme. Oh non.

Non, je n'aime pas Paris, tout comme je n'aime pas là où j'habite. J'y habitais avec elle avant. J'ai l'impression de la voir partout chez moi. Un simple instant, et j'aurais parier avec vu sa main sur la mienne, et ou sentir sa présence dans mon dos. Son souffle contre ma joue et mon cou... Mais vous me diriez, pourquoi ne changerait pas d'appartement ? ... Je ne sais pas. Je n'en ai pas la force. J'ai l'impression de sentir encore son odeur dans notre chambre. Et la chambre de ma fille est si vide... Ce sont les dernières choses qui me restent d'elles, avec mes souvenirs... Je n'ai pas envie de m'en séparer, je n'en ai pas la force. J'aurais donné ma vie pour rejoindre ma chère Elena... J'aurais donné n'importe quoi pour les revoir à mes côtés.

Lorsque l'homme arriva, je m'écartais légèrement. Je les écoutais sans rien dire. Un sourire se glissa sur mes lèvres. Peut-être que je ne devrais pas avoir l'air si... Fier ? Amusé ? Un petit quelque chose comme ca. Vous savez, l'un de ses sourires que l'on tente de dissimuler, mais pourtant, vos lèvres s'étirent encore et toujours. Elles sont trop fortes pour nous. Enfin, là n'est pas la question, je me laisse entraîner par ce brillant musicien, et je souris en l'entendant. Je souffle un brin amusé, et taquin :

« ... Ami ? ... Que diable, j'en apprends aujourd'hui ! ... Mais je pourrais savoir comment dois-je appeler mon charmant ami ? »

Mais c'était de l'humour, et cela s'entendait au ton de ma voix. Oh, ami oui. Et bien plus encore! ... Et je ne vous ferrais par de mes pensées pour une fois, hm hm.
J'eûs un léger rire, avant de répondre à sa question :

« .Ne vous inquiétez pas pour ça, j'ai de quoi nous conduire à ce café.... Et vous ramener à votre hotel. »

Pas question que je lui laisse reprendre le taxi après. Ah sa non ! .... Et puis j'allais pouvoir savoir où il dormait.... Pour quelques jours.... Pour ces concerts. Nom de Dieu. Pourquoi je n'y pense que maintenant ? Je soupire intérieurement, drôlement et soudainement déçu. Mais bon.

Je l'amenais jusqu'à cette voiture qu'il ne pouvait voir. Je l'ouvris, tout comme cette portière côté passager. Ma main glissa dans la sienne pour le conduire jusqu'à la portière. J'attendis que la chien prenne place au pied de son maître pour fermer la portière doucement. C'était bien l'une des seules choses sur lesquelles je me faisais plaisir : les voitures. Avec les instruments de musique. Ou les concerts grandioses. Là s'arrêtait mes plaisirs et mes ennuies. Une Audi R8 coupé sport. Un véritable petit bijoux aux courbes athlétiques, et au ronronnement de moteur parfait. Ah oui, lorsque nous sommes vampire on se procure l'adrénaline comme on peut.

Bref. Nous voilà partis, avec un petit fond dans l'habitacle : du piano. Eh oui, j'étais un passionné de musique...

(...)

Le chien à nos pieds, et cette table entre nous, je commençais à trouver un avantage à sa cécité. Il ne pouvait pas me voir lorsque je le dévorais des yeux, lorsque j'avais ce petit sourire idiot sur les lèvres lorsqu'il me parlait. Je me sentais stupide, pathétique, mais je n'y étais pour rien :c 'était le destin. Je n'avais pas demandé de croiser une nouvelle fois mon âme soeur. D'ailleurs je n'y comprenais rien. Et puis j'avais l'impression de l'emprise de ce lien était bien plus forte avec cet homme... Comment allais-je pouvoir trouver la force de le laisser me quitter plus tard dans la soirée ? Comment avais-je pu avoir autant de.... Chance. Comme si c'était une chance que lui avait... Avoir un vampire qui lui tourne autour. Non, il n'avait aucune chance...

Mais la question qu'il me posa me surprit juste le temps de deux secondes et j'y répondis doucement, en posant mon regard sur les alentours.

« C'est plutôt grand, et chaleureux. Les murs ont des couleurs chaudes, et même chocolat. Il y a des sortes d'arabesques couleurs or sur les murs en haut. Nous sommes assis sur des strapontins en cuirs, et les tables sont noires. Juste à votre droites droite, il y a une sorte d'allée, et tout un tas d'autres tables. A quelques mètres de nous, il y a un bar, plutôt moderne, à la couleur ébène. Il y a une serveuse blonde et un peu trop bronzée à mon goût qui préparent nos chocolats chauds... Il y a des tabourets devant, qui sont blancs.... Oh, et puis il y a un magnifique homme en face de moi. Il a les cheveux plutôt court et d'une couleur d'ivoire... Mais de là où je me tiens, ils sont presque de couleur argent avec cette lumière... Et puis... »

Mais non, je suis coupé, tant pis. Notre bien aimée serveuse nous apporte nos commandes. Mon sourire tendre et doux fut remplacé par un sourire polie lorsque nous la remercions.
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Lysandre Carpenter

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MessageSujet: Re: Rencontre musicale    Mer 24 Aoû - 15:03

« Je vous pardonne...Je ne vous connaissais pas, mais j'avais tellement envie de vous rencontrer... Je me suis dit que si ma musique vous plaisez, j'aurai peut-être plus de chances de vous revoir... C'est vrai que ce doit être assez atypique...»dit-il timidement, perdant son ton taquin.

C'est vrai que de ce point de vue, sa réaction était vraiment étrange, digne d'un fou furieux. Mais il se sentait tellement euphorique, tellement content de découvrir ces nouvelles émotions. Ces sensations.... Cette envie. Était-ce normal de vouloir à ce point quelqu'un ? Oui, car, il le voulait lui, pour rester avec, pour sentir son odeur. Pour pouvoir le toucher. L'embrasser.... Oula ! Qu'est-ce qu'il pensait là ? C'était aller un peu trop vite en besogne, et puis, il rêvait, et... Et c'était impossible ! Il devait arrêter de penser des choses comme ça, ce n'était pas bien.

Mais après tout, n'était-il pas en train de partir à son bras sans que celui-ci ne s'offusque ? A vrai dire, il ne sentait aucune gêne dans l'attitude de l'homme. Ce genre de personnes étaient rares, en général, une fois face à lui, de près, ils avaient peur, il le trouvait bizarre, étrange, à éviter. Alors on le mettait à part avec politesse. Et il se retrouvait tout seul avec sa peine. Pourtant, là, il avait trouvé quelqu'un qui acceptait sa présence. Il le sentait sincère en plus. C'était tellement étrange. Pourquoi cela n'arrivait que maintenant ? Pourquoi ne l'avait-il pas rencontré cinq ou six ans auparavant ? Quand tout le monde l'évitait ? Quand il n'avait plus que la musique à laquelle se raccrocher.... Mais c'était ainsi.

Il rougit légèrement à sa remarque. Il était vrai que pour rabattre le caquet de cet homme exaspérant, il n'avait pas hésité à en rajouter un peu ? Voire beaucoup. Mais il ne pensait pas que ce serait relevé. Cela le gênait sans doute … Oui, ça ne se fait pas d'inclure quelqu'un dans ses plans aussi abruptement. Même si sa voix était amusée....


« Ami... Euh enfin... Je veux dire, c'était pour qu'il ne me pose pas de problèmes... Il a tendance à croire que je ne peux rien faire seul.... Et.... Eh bien.... Lysandre, ou autrement si vous voulez... Je n'ai pas de préférence... »murmura-t-il doucement.

Il rit aussi de bon cœur avec son ami. Cela faisait pourtant très très peu de temps qu'il le connaissait, tellement peu et pourtant. Il n'avait jamais eu autant confiance en un ami. Rien que ce qualificatif était nouveau en son esprit. C'était agréable. Terriblement plaisant. Peut-être se leurrait-il. Sans doute oui. Sans doute irait-il encore de désillusion en désillusion. Mais il aurait aimé pouvoir croire en Kellian. Croire en quelqu'un sans que ce soit son père ou sa mère. Ou même Velvet. Car, avouons le, Velvet était son seul et unique confident.


« Oh si j'ai un chauffeur personnel, je ne vais pas me plaindre.... » dit-il avec un ton charmé, et plutôt charmeur.

Il continua de suivre docilement son guide, se laissant installer dans une voiture, très luxueuse. Il le sentit à l'odeur se dégageant des fauteuils, aux finitions sous ses doigts sur la portière. Il avait ôté ses gants une fois installé dans la voiture, sa main caressant la tête du canin. Le moteur faisait un agréable ronronnement, à peine perceptible. D'ailleurs, il ne fit plus du tout attention à celui-ci quand la musique envahit l'habitacle. Un air qu'il connaissait pour l'avoir déjà joué. Un concerto de Mozart. Sans même qu'il s'en rende compte, ses doigts retranscrivaient sur ses genoux les notes exactes de cette musique, une simple déformation professionnelle sans doute...

Le trajet se déroula sans encombre, leur arrivée aussi. Son guide était des plus agréables et les lieux semblaient chaleureux agréables. Il aurait voulu savoir exactement comment était décoré ce lieu. Il demanda à son ami voyant de lui décrire l'endroit. Ses mains parcouraient le siège de cuir sur lequel il était assis. Sa tête suivait la description de son ami avec assiduité. Il essayait de reconstruire une image mentale de ce qu'on lui disait. La description était très plaisante... Jusqu'à ce qu'il parle d'un homme en face de lui. Donc quelqu'un derrière lui.

A partir de là son sourire se figea. Pourquoi était-il jaloux des compliments qu'on faisait de cet homme ? Il aurait voulu que ces compliments lui soient destiné plutôt qu'à un homme sans doute d'âge mûr, puisqu'il avait les cheveux blancs. Il essaya de garder une contenance, mais la jalousie l'envahissait. Pourquoi donc était-il si jaloux ? Pourquoi donc était-il pris d'une aversion aussi forte pour cette personne qui lui faisait concurrence ? Concurrence, qu'est-ce qu'il pensait, pour que ce soit le cas, il aurait déjà fallu que Kellian ait envers lui un intérêt autre que mélomane.

Heureusement, la serveuse arriva, lui faisant oublier un instant ce rival apparut si rapidement, brisant la joie qu'il se faisait de l’intérêt qu'on lui portait. Quel idiot il avait été aussi de s'imaginer qu'on pouvait nourrir pour lui de tendres attentions. Qu'il était stupide. Il remercia la demoiselle avec une contenance qui le surprit aux vues de son énervement. Puis elle repartit, laissant entre ses mains un chocolat brûlant, perçant sa peau d'une chaleur forte, peut-être trop, mais il n'y faisait pas attention, ce n'était pas important. Ce qui était important, c'était lui. Et ce fameux homme.


« Vous étiez en train de parler d'un homme derrière moi... S'il est si beau, et s'il vous plaît tant, ne devriez vous pas l'aborder ? Vous n'aurez pas souvent de telles opportunités, vous n'aurez qu'à dire que je suis votre frère, comme ça, je ne vous gênerais pas. »dit-il d'une voix qu'il essaya de garder neutre et douce.

Mais on pouvait sentir poindre dans sa voix un soupçon de vexation, de jalousie, et de tristesse.

« Et puis, je me débrouillerais pour rentrer, cela m'a déjà fait plaisir de passer ces quelques minutes avec vous... »murmura-t-il doucement, d'une toute petite voix.

Il baissa la tête vers son chocolat. Et là, il réalisa la douleur. Il retira prestement ses mains de la tasse. C'était malin. Il s'était brûlé avec ça. Comme si cela ne suffisait pas ! Il souffla doucement sur ses doigts. Ce n'était sans doute pas grave, la brûlure disparaîtrait dans quelques heures vraisemblablement. Mais c'était un peu trop en même temps. Il se mordit la lèvre. Énervé de sa stupidité.


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Kellian C. Andrews
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MessageSujet: Re: Rencontre musicale    Mer 24 Aoû - 20:38



Pourtant cet énervement, ou du moins le changement d'expression du jeune homme je le vis. Je ne le compris pas d'ailleurs... Je venais de l'offenser ? J'allais trop vite en besogne ? Il n'aimait pas les compliments ? ... Il avait déjà quelqu'un dans sa vie, et le fait que je ne ressemble plus à présent qu'à un goujat l'énerve ? .... Je ne disais rien en regardant ce sourire qui s'était effacé sur ses lèvres, je regardais ses mains crispées sur sa tasse. Je me sentais idiot, et me mordait la langue sans oser poursuivre. Je fermais les yeux un instant, puis ce fut ses paroles qui me... Surprise tout simplement.

Un homme derrière lui ? Mais.... Avait-il si peu d'estime de lui même ? Je n'osais rien dire, comprenant sûrement pourquoi il réagissait ainsi... Il n'avait pas l'habitude... Il n'était pas comme les autres, dans cette "normalité" que l'on loue tant... Je le laissais parler, je me laissais envahir par cette tristesse que je sentais, que j'entendais dans sa voix. C'était absurde. Même si j'aurais croisé un homme charmant derrière moi, jamais je ne l'aurais vanté à voix haute... Par simple respect. nous ne sommes pas des amis, nous ne sommes pas familier ensemble, je n'aurais jamais osé une chose pareille.
Puis c'était de lui que je parlais.

En remarquant sa peau si pâle, si délicate, aussi pâle que la mienne, rougis par la chaleur, je tendis doucement la main. Un léger frôlement contre son poignet, puis j'attrapais doucement sa main, pour la charger dans la mienne. L'avantage, je venais de toucher moi même ma tasse, mes mains n'étaient pas gelée. Peut-être le sentit-il ou pas, mais je possédais un don assez particulier. Je pouvais guérir une personne dès que nos peaux se touchais. Ce que je faisais avec ses brûlures, de ses deux mains. En réalité, c'était un sorte d'échange. Je prenais cette brûlure pour moi, cette infime douleur qui allait disparaître lorsque j'aurais cicatrisé moi même, pour donner cette peau blanche, neuve, qui n'était plus rougie à Lysandre. Mais même cette chose faite, je ne lâchais pas cette main. Bien au contraire, je glissais mon pouce contre sa peau, une simple caresse.

Il faut savoir que cette guérissons me prit deux secondes, alors je soufflais déjà ces quelques mots :

« Lysandre... Je l’appelais, oui. Je voulais qu'il relève la tête en entendant ma voix si douce et calme. J'étais un brin attristé qu'il puisse me croire si déplacé, mais surtout... Qu'il le soit lui, si triste. Que le monde entier le fuit autant... Moi, j'aimerais qu'il me fuit le monde... C'était si paradoxal. Je parlais de vous... Et... C'est moi qui vous ramènerez... »

Je me penchais doucement vers lui, et soudainement j'inspirais silencieusement son odeur. Je fermais les yeux. Cette odeur... Un torrent de plaisir qui m’enivrait avec une douceur violente. Tant d'arômes et de subtilité qui grisait chaque pores de mon corps, pour faire de cette effluve un trésor que je convoiterais toujours. Un sang délicieux, si parfait, et bien plus encore qui saurait me procurer une jouissance si délivrant.... Je bloquais alors ma respiration, en ouvrant les yeux pour me rappeler qui il était, et qui j'étais. J'étais un vampire, certes. Mais jamais, ô grand jamais, je ne briserais pour lui mon obéissance à des lois, mais pire encore ! A mes propres principes. Je ne buvais pas de sang humain : cela me répugnait. Peut-être qu'un jour je le ferrais... Parce que tu seras consentant, et que tu serais mon calice. Mais jamais je ne me permettrais une chose pareille ! Répugnant....

« Vous êtes fascinant. Et il n'y a personne derrière vous... Je... Enfin. »

Peut-être ferrais-je mieux de me taire....

Je me repose contre mon dossier, en laissant mes lèvres closes. Oui, tais-toi. Je me sens ridicule.

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Lysandre Carpenter

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MessageSujet: Re: Rencontre musicale    Mer 24 Aoû - 23:55

Ce n'était pas tant la douleur au bout de ses doigts, ce n'était pas tant cette brûlure qui importait, ce n'était pas ce picotement lancinant sur sa peau, c'était l'injustice, la déception, la désillusion. Il ne pouvait que se détester un peu plus. Il s'en voulait d'être aussi signifiant. D'être une quantité si négligeable. Il voulait qu'on le voit. Qu'on ait de l'affection pour lui plutôt qu'une pâle admiration pour ses talents. Il voulait être estimé pour sa personne plus que pour sa musique. A croire qu'il ne pouvait exister aux yeux d'un public qu'avec n instrument à la main, se transformant ensuite, en un fantôme invisible.

Il aurait voulu, pleurer, crier, hurler son désespoir. Mais il ne pouvait pas. Il ne devait pas montrer un tel état de faiblesse. Il n'était pas faible. Il ne le deviendrait pas même pour une charmante odeur, pour une jolie voix, pour un homme charmant. Il resterait à jamais de glace. Il n’espérerait plus. Il resterait seul avec ses illusions. Il resterait seul. Même si cela le détruisait petit à petit. Il préférait mourir lentement dans une apparente tranquillité, plutôt que se consumer dans une passion impossible.

Pourtant... Pourtant, il avait du mal à retenir ses larmes. Il les sentait monter dans ses yeux vides. Non, il ne devait pas pleurer. Il ne pleurerait pas. Pas face à lui. Il avait un certain ego. Alors il ravala sa tristesse et se contenta d'attendre le verdict de son interlocuteur. Il voulait rester digne.

Mais le frôlement sur son poignée l'étonna. Tout son corps frissonna. Un vent qui n'épargna aucune parcelle de son corps. Il n'avait jamais connu cela. Leurs mains se touchèrent ensuite. La sienne était à peine tiède, celle de Lys était aussi brûlante que son humanité. Vive, vivante, terriblement humaine. Terriblement fragile. Et puis, le phénomène étrange se produisit, il sentit la brûlure disparaître. C'était incompréhensible. Comme si l'homme avait absorbé la douleur qui parcourait sa peau. Il avait parfois entendu parler de pratique de ce genre, on les appelait des « preneurs de feu ». Mais il n'en avait jamais vu. Et ses doigts d'un seul coup revinrent plein de santé. De leur habituelle pâleur mortelle.

Et... Il releva la tête, alors qu'un frisson s'emparait encore de lui. Sa caresse, le son de son prénom prononcé par cette si sublime voix. C'était beaucoup de choses en même temps. Trop de choses peut-être en même temps. Il ne put s'empêcher de relever la tête, malgré la larme qu'il avait senti coulé de son œil droit. Une unique larme qui en disait long sur l'impact que cette rencontre avait eu sur lui. Son poids, en bien comme en mal.

Et la suite l'abasourdit. Il... Kellian parlait de lui ? Mais enfin, il avait parlé d'un bel homme, ce ne pouvait pas être lui... Il.... Et il comprit. Comment avait-il pu être aussi stupide ! Bien sûr, les cheveux blancs, c'était les siens. C'était donc lui, qu'il trouvait si beau ? Mais, comment était-ce possible ? Jamais personne ne l'avait trouvé... beau. C'était tellement inattendu. C'était pour cela qu'il n'avait pas compris. Il n'était qu'un sombre crétin !

Il essaya de dire quelque chose, mais il ne réussit pas. Sa voix était comme bloquée au fond de sa gorges. Il se sentait si bête. Comment avait-il pu autant se méprendre ? C'était tellement stupide. Et maintenant il passait pour un pauvre attardé aux yeux de la personne, non, de la seule personne qui lui avait fait part d'un quelconque intérêt. C'était trop idiot. Avait-il si peu d'estime pour lui pour esquiver ainsi les compliments et les croire destiner toujours aux autres. Oui... Mais cette fois, il s'en voulait tellement pour ce comportement.

Leurs deux mains étaient toujours liées. Ses doigts glissèrent sur sa peau hésitant, voulant serrer cette main. Essayer de comprendre. D'éclaircir ses idées. Ne pas parler sans réfléchir. Arrêter de dire des bêtises. Pourtant, c'était difficile. Car les mots qui tombaient à nouveaux, n'étaient-ils pas une sorte de déclaration ? Des compliments comme ceux-là, en général, ne sont pas dit à n'importe qui non ?


« Je... Merci... Désolée.... Je … suis trop bête.... Je... »

La gêne transpirait au travers de ses mots. Il était tout hésitant. Il se remettait à peine de sa tristesse malencontreuse, pour tomber dans un plaisir trop puissant pour ses fragiles épaules. Il était désespérément perdu. Ne sachant plus du tout quoi faire, sans se ridiculiser, même s'il l'avait déjà bien fait.

« Vous aussi vous êtes fascinant... J'espère que vous ne me trouvez pas trop sot... En fait, je n'ai pas l'habitude de ce genre de compliments... J'avais mal compris.... »

Sa voix baissait en intensité à chaque phrase, il avait tellement l'impression de s'embourber dans les sables mouvants des relations humaines qu'il ne connaissait pas. Il rougissait aussi, son sourire devenant un peu gêné, mais aussi terriblement ému. Heureux pour dire vrai.

« J'étais très jaloux de cet homme derrière moi.... Vous savez... En fait, je crois que vous me plaisez...... »

Il s'arrêta net. Qu'est-ce qu'il venait de dire ? Ses paroles avaient été un peu trop vites, dépassant ses pensées, dépassant sa pudeur. Instantanément, il vira au rouge pivoine. Il espérait que sa dernière phrase passerait inaperçu, après tout il avait parlé doucement et....


« Et donc, vous êtes professeur d'histoire ici ? Vous enseignez sur une période précise ou sur l'histoire en général ? »
bafouilla-t-il à toute vitesse, essayant de changer de sujet, pour faire oublier ses mots, pour cacher ce qui n'aurait jamais du être su. Du moins pas si vite.

Remarquez, s'il avez vraiment voulu nier ces mots, peut-être aurait-il aussi du arrêter de caresser sa main, mais il ne s'en rendait même plus compte, n'est-ce pas le charme des amours débutantes que tant de naïveté ?


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Kellian C. Andrews
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MessageSujet: Re: Rencontre musicale    Ven 26 Aoû - 23:22

[ Je me suis permise d'accélérer le sujet un petit peu, parce que voilà quoi (a) Et j'ai envie de leur premier baiser aussi, naaaaa ! Mais si cela ne te convient pas, tu me dis, je changerais x') Bisou ♥ ]
Ces rougissements, cette gêne si palpable... Que dire... Lysandre était adorable, il était à croquer. Je résistais tant bien que mal à oublier cet univers qui nous entourait, au fait que nous ne connaissions à peine, pour venir m'asseoir à ses côtés, le prendre dans mes bras... Le serrer contre moi, ressentir les battements de son coeur, sentir la chaleur de corps contre le mien qui était si mort.... M'amuser à frôler sa joue et sa mâchoire du bout de mes lippes glacées... Des envies, encore et toujours... Pourtant un espoir brillait... Peut-être que si je prenais mon temps, que si nous prenions notre temps, sans le brusquer, je pourrais le garder à mes côtés... Pour toujours... ? Non jamais. Jamais je n'oserais offrir à un humain, même à mon âme soeur une chose si affreuse que je déteste moi même...

L'entendre dire que je lui plaît, du moins qu'il le crois comme il le disait si bien, me colla un sourire aux lèvres. Impossible à l'y retirer, il y était graver, et je me sentais terriblement idiot. Je n'osais pas retirer ma main de contre sa sienne. C'était très simple : je ne le pouvais pas. Je continuais ses lentes et douces caresses, glissant parfois le bout de mes doigts contre sa paume, ou bien son poignet... Non, je n'avais pas envie de briser ce contact physique... Pour le moins du monde.

C'était stupide, pourtant c'était la réalité. Je savais que lorsque je le ramènerais à son hôtel, je me sentirais mal... Mal de savoir qu'il n'habite guère à Paris et qu'il partirais loin peut-être. Que du jour au lendemain je me retrouvais encore seul dans mon royaume de fantôme et de froideur. Je me sentirais capable de le retrouver, de le suivre, de le réclamer. Je lui quémanderais sûrement des choses folles, comme celle par exemple de vivre avec lui... Comme si c 'était possible si rapidement.
Et puis je savais aussi que je ne pourrais jamais lui cacher à toute sa petite vie d'humain que j'étais un vampire... Je pourrais... Mais je ne le supporterais pas. Je sais, je suis un peu masochiste sur les bords. Le peu de fois que je l'ai fait avec un humain, cela finissait souvent mal. Nous étions forcé de les tuer, ou bien de leur effacer la mémoire... Je ne serais pas capable de faire cela avec lui... Je voulais qu'il se souvienne de moi...

Mon esprit voguait trop loin. Beaucoup trop loin pour cette soirée.

« J'enseigne l'histoire et géographie dans un lycée... Et Dans l’université, c'est surtout sur l'Antiquité. Leurs croyances, traditions, manière de vivre, leur politique... L'antiquité, tout simplement. Mais je change de temps en temps lorsque c'est possible, je suis plutôt bien calé en histoire... »

Et la soirée continue sur l'un, sur l'autre, sur tout et n'importe quoi. La musique, les rêves, les voyages, ce qu'ils aimaient, tout, et n'importe quoi. Un chocolat chaud, peut-être bien un second, avec de quoi grignoter, mais ils durent partir lorsque ce petit café alla fermer. Oui, ils restèrent longtemps ensemble, tout comme Kellian tint parole et ramena son Prince à son hôtel.

Un au revoir qu'il sembla douloureux pour le petit vampire, même si il eût la délicatesse et douce attention d'embrasser sa joue. Ooh, il désirait bien plus, un baiser, lui voler ses lèvres, et plus qu'une étreinte chaude, mais il n'était pas ainsi. D'ailleurs, il lui promit de venir le voir le lendemain, vu qu'il n'avait pas grand chose à faire en ce calme dimanche...

Kellian rêva de Lysandre toute la nuit... Tout comme les nuits précédentes. Il l'hantait nuit et jour. Ils passèrent autant de temps ensemble qu'il le put dans son petit séjour à Paris. Juste un café entre deux rendez-vous. Dès qu'il le pouvait, ils se rejoignaient. C'était devenu un besoin pour Kellian...

Mais le départ de Lysandre approchait, et il le savait. Cela le déchirait terriblement. Kellian ne voulait pas voir cette douce fleur de lys s'envoler... Peut-être à Londres... Cela serait une chance incroyable, lui qui y passait son temps.


Pour cette dernière soirée, ou avant-dernière, je l'avais invité chez moi. Oui, dans mon cher appartement spacieux et si vide. Vide de chaleur humain, vide d'amour. Pourtant, ce soir, cela sera un diner en tête à tête, un diner pendant lequel je n'aurais d'attention que pour cet homme...

« Lysandre ? .... Je ne t'ai pas posé la question encore mais... Tu habites où ? »

Nous étions assis sur le divan, en face d'une large baie vitrée, après ce diner calme et doux, presque... Un couple en tête à tête. Pourtant, je ne t'avais volé jusqu'à présent que des baisers sur l'une de tes joues si pâles... Oh mon dieu... Je me sentais si mal de savoir que... Que j'allais devenir dingue et que je te suivrais au bout du monde si il le faut pour rester à tes côtés !
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Lysandre Carpenter

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MessageSujet: Re: Rencontre musicale    Sam 27 Aoû - 22:36

Lysandre n'avait jamais touché à la drogue, ni même à la cigarette, c'était à peine s'il buvait quelques gouttes d'alcool. Pourtant, il comprenait totalement le comportement des drogués, de ces pauvres gens qui ne peuvent se passer d'une molécule, de ces gens totalement dépendants. Il l'était devenu lui aussi. Mais il ne recherchait pas la même drogue. C'était la présence de Kellian qui le faisait planer. C'était vraiment très étrange.

Après leur première soirée, après avoir parler de tout et de rien avec lui, après qu'il l'ait ramener à son hôtel. Après avoir délicatement posé ses lèvres sur sa joue, il n'arrivait plus à penser à autre chose qu'à lui. Tout revenait à lui. Chaque mouvement, chaque odeur, chaque son était prétexte pour penser à lui. Même lorsqu'il répétait, chaque note était pour lui. Tout ne tournait plus qu'autour de lui. Au début, il avait essayé de résister, de penser à autre chose, mais face à l'impossibilité de la chose, il avait renoncé. L'homme revenait encore et toujours à son esprit.

Il s'était découvert des émotions oubliées depuis longtemps, l'envie, l'impatience, la joie. Il désirait de le retrouver à chaque seconde, il ne patientait que dans l'espoir de le voir, il n'était heureux qu'en le sachant à côté de lui. Sa voix était devenu la plus belle des symphonie. Jamais il n'aurait cru vouloir vivre aussi intensément. Son euphorie contaminait Velvet qui était plus joueur que d'habitude, ses collègues devinrent plus sincères à son encontre. Comment faire du mal, comment en vouloir à un garçon si heureux ? Si rayonnant ? En quelques jours, il s'était transformé en une espèce de soleil. Un astre étincelant de bonheur. Les rumeurs allaient bon train d'ailleurs. Il faut dire qu'après sa sortie du concert, on avait beaucoup jasé sur son compte. Mais quelle importance ? De toutes manières, il ne voyait plus, il n'entendait plus les remarques ambiguës. Il nageait dans le bonheur et rien ne l'en empêcherait.

Chaque minute de libre, chaque pause, chaque repas, il le passait avec son aimé. Car il en était sûr à présent, il l'aimait. Cela ne pouvait que correspondre à ce sentiment dépeint avec tant de facettes. C'était l'amour qui ronge, qui vous envahit jusqu'à la dernière pensée. Il était envahit, assaillit, et bien heureux de déposer les armes. Il voulait perdre ce combat. Il voulait s'abandonner à lui. Lui offrir sa vie s'il le voulait. De toute façon, il ne se sentait vivant qu'avec lui. Il n'y avait que lui qui lui donnait de l'importance. Il ne comptait que pour lui. Il était cet être unique, cet être qu'on désire pour tout une vie et qui d'un abandon vous assassine. Le seul et véritable amour de toute une vie. Lysandre l'avait compris. S'il finissait par être rejeté, il savait que son cœur gèlerait à jamais, jusqu'à sa tombe. Alors il profitait pleinement de ce qu'on lui donnait.

Ce dîner en tête à tête par exemple, c'était un instant tellement exquis. On lui offrait le droit d'entrer dans sa vie, chez lui. Il découvrait donc son monde. Il fut étonné de le découvrir seul. Aucun animal, aucun colocataire, aucune vie. Un appartement comme le sien à Londres, bien trop grand pour y vivre seul. Avait-il été aussi seul que lui avant de le rencontrer ? Pourtant, il devait plaire... Le charisme qu'il dégageait ne devait pas avoir d'effet que sur lui ? Comment était-il possible qu'un homme si gentil, si charmant vive seul ? Sa curiosité était tout entière... Il avait l'impression de le connaître depuis toujours, de devoir passer le reste de son existence à ses côtés, et pourtant de ne rien savoir de lui... Étrange paradoxe.

Malgré toutes ces questions sans réponse, assis là à côté de lui, Velvet allongé à leurs pieds, il était bien. Juste bien. Le monde pouvait bien s'écrouler, il n'en aurait que faire. Il alla se blottir un peu plus près de lui, s’enhardissant il alla même jusqu'à attraper sa main, et la caresser tendrement du bout des doigts. Il releva la tête à son prénom. Qu'il aimait l'entendre de sa voix, de ses lèvres. Son nom devenait si joli d'un seul coup. La question le surprit. Ils n'en avaient pas parlé... Il avait du oublié... C'était trop évident pour lui sans doute.


« Oh... J'habite à Londres, j'ai un appartement dans le Kensington... Je te donnerai mon adresse complète avant de partir, évidement ! » répondit-il doucement.

Mais au mot « partir »il eu un pincement au cœur. C'est vrai qu'il devrait rentrer « chez lui » un jour. Que même s'il se sentait bien plus à sa place ici, c'était à Londres qu'on le voudrait et qu'on l'attendrait. Mais pas tout de suite. Il avait encore quelques jours. Il avait pu décaler son retour, pour « visiter un peu plus la ville ». Une bien bonne excuse non ?


« Mais, je reste encore quelques jours... L'orchestre de Londres m'a permis de prendre des vacances... Donc, on pourra passer un peu plus de temps puisque je n'ai plus de concerts à assurer. Je serai tout à toi. »

Sa dernière phrase se finit dans un murmure. C'était drôle cette pudeur qu'il conservait encore quand il parlait de leur relation. Une relation si jeune, si fragile. Il avait l'impression qu'en parler pourrait faire réaliser le beau parisien et peut-être qu'il partirait devant une telle situation. Il avait tellement peur de se réveiller et de n'avoir fait que rêver ces moments. Il avait peur d'oublier son odeur, d'oublier le son de sa voix, la sensation de sa peau. Il eut un léger soupir à demi heureux, à demi anxieux. Il se tourna, ses mains se posant sur son épaule, il se pencha pour être face à lui.

« Je... Je peux toucher ton visage ? … Je... Enfin... C'est que comme ça, je pourrai te voir un petit peu... Et j'en ai terriblement envie.... »demanda-t-il timidement.

A peine l'eut-il autorisé, ses doigts s'approchèrent de son visage, l'effleurant délicatement. Parcourant sa peau, glissant sur son nez, caressant ses joues, fermant doucement ses yeux, remontant le long de son menton, s'arrêtant finalement sur ses lèvres. Elles étaient si froide. Glacée. Toute sa peau était d'une froideur alarmante. Il voulait le prendre dans ses bras, le réchauffait, frotter sa peau jusqu'à ce que la chaleur y revienne. Ses doigts bougeaient doucement sur ses lèvres. Il le voyait. Il était si beau. Plus beau que n'importe qui d'autre. Sa main alla sur sa joue. Il s'était approchait pendant qu'il le regardait.


« Tu es très beau, Kellian... »
murmura-t-il dans un souffle.

Ses lèvres tremblèrent légèrement. Puis, il les posa sur celle de l'homme, une seconde peut-être. Un contact infime. Son premier baiser. Il se recula. Il était heureux. Les dés étaient jetés, et sir Andrews savait à présent que son charme était irrésistible, il pouvait maintenant lui briser le cœur en lui demandant ce qu'il faisait, il pouvait l'achever en lui disant qu'il était marié. Tant pis. Il avait donné son premier baiser au seul homme qu'il aimerait à jamais.


Dernière édition par Lysandre Carpenter le Ven 2 Sep - 17:58, édité 1 fois
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Kellian C. Andrews
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MessageSujet: Re: Rencontre musicale    Jeu 1 Sep - 17:12


« Oh... J'habite à Londres, j'ai un appartement dans le Kensington... »

Sous le coup, Kellian fut sourd au reste. Seul Londres résonnait dans son crâne... Il étai surprit, et cela se lisait si bien sur son visage. Il serra doucement la main de Lysandre entre ses doigts tandis qu'un doux sourire rayonnant se glissa sur ses lippes. Londres ! Il avait l'impression soudaine que Dieu était de nouveau derrière lui. Dieu lui redonnait envie de vivre et de poursuivre dans son éternité si morne, vide et triste. Il avait perdu sa chère et tendre épouse, cette femme qu'il avait aimé de tout son coeur... Cette femme qui s'était si souvent tenu à ces côtés sur ce divan, ou avoir dansé une valse lente et amoureuse, yeux dans les yeux, dans ce salon si grand. Ou bien encore d'avoir joués ensemble sur ce piano qui ne chantait plus depuis des années... Ici. Partout. Combien de fois avait-il hurlé la nuit ? Combien de fois s'était-il réveillé paniqué et en pleurs, désireux de s'arracher son propre coeur pour mourir enfin. Le berceau de tous ses sentiments si écaillés, brisés, éparpillés dans ce insondable éternité. Il était las ! Le repos... C'était tout ce qu'il demandait à ce Dieu ! Combien de fois était-il plongés dans ses souvenirs à les voir éveillés, à bercer sa folie, à l'aimer et l'étreindre toujours plus fort. A savoir qu'elle était morte, que ce qu'il voyait n'était qu'une hallucination... Que ce qu'il touchait, aimait, ce à quoi il parlait n'était qu'une illusion de son esprit blessé...

Il était mort. Il était vide.

Londres... Il y avait son cousin, l'un des Prince d'Europe là bas. Il ne l'avait aussi fuit de toute sa vie... Il ne supportait plus son envie, ses fantasmes qui ne lui étaient pas étrangers face à son âme soeur.
Et Lysandre habitait à Londres. Cette ville qu'il fuyait depuis quelques semaines pour ne pas croiser cet homme obsédé par son âme soeur. Et.... Son âme soeur, du moins son second habitait là-bas.

Il avait espéré... Il avait prié.

Et son sourire s'agrandit sur ses lèvres en entendant la suite. Il allait rester quelques autres jours ici encore... Silencieusement il essuya une larme de joie au coin de ses yeux, puis posa sa main contre le dos de l'humain... Si il savait tout le mal qu'il allait lui faire... Si il savait qui il était en réalité... Les mensonges qu'il allait devoir lui faire avaler jour après jour pour continuer à le bercer de ces illusions. L'homme parfait, l'homme doux et jaloux.

Le vampire souffla néanmoins :
« Je vais souvent à Londres... Le week-end parfois, et pendant les vacances scolaires aussi... J'y habite à moitié en faite. J'ai un parent qui y habite... » Tout comme il y en a une qui habite à Kyöto. D'autre au Mont Saint Michel, et ici même. D'autres plus loin, en Suisse en Autriche. Lui, il se devait d'être ici... Sur son Royaume qu'était la France. Duc de France. Misérable...


Oui, il serait tout à lui... Mais si il savait combien ces mots là lui faisait du bien... L'entendre dire, dans ce souffle si doux lui réchauffait le coeur avec douceur. Son sourire resta contre ses lèvres.


« Je... Je peux toucher ton visage ? … Je... Enfin... C'est que comme ça, je pourrai te voir un petit peu... Et j'en ai terriblement envie....
- Je t'en prie.... ♥ »


Je ne lâchais pas son visage des yeux. J'observais chacune de ses expressions avec une certaine appréhension. Je sentais mon être entier frémir à son contact, qui finissait par libérer des vagues de plénitude dans mon être entier. Je soupirais intérieurement, tout en fermant les yeux pour le laisser découvrir ce visage qu'il ne voyait pas... Moi je voyais le sien, et je ne pouvais que l'aimer. Cette fragilité, et cette douceur sans nom qui accompagnait délicatement chacun de ses traits. Ses yeux si particuliers qui me fixait sans me voir... Même eux je les aimait. Et puis ses cheveux si pâles, qui me donnaient tellement envie d'y plonger mes doigts pour les caresser sans cesse.

« Tu es très beau, Kellian...
- Et toi... Tu es magnifique...


Un souffle doux. Je le regardais de nouveau à présent, et le voir se pencher ainsi vers moi me fit... Peur ? Non. Je sentais mon coeur s'éveiller encore, subitement, avec violence et rapidité ! Mon coeur se mettait à créer une folle et douce symphonie... Je retenais mon souffle sous ce baiser si doux, si simple, si chaste.... Pourtant, il me bouleversa. C'était comme si soudainement, d'un simple contact si intime venait de m'éveiller tout entier. L'infime particule de mon être qui, soudainement, renaissait et resplendissait.

Comme si une douce mélodie venait me réveiller d'un mauvais rêve...

Je le fixais... Je glissais doucement ma main contre sa joue, puis lentement dans ses cheveux. Mon dieu. Je possais mes doigts contre sa nuque, tandis que je revenais vers lui, pour frôler ses lèvres des miennes. Un souffle qui se cherche, qui s'entremèlent sans pour autant créer ce contact si désiré... Je caressais sa nuque lentement, avant de venir l'embrasser doucement. Délicatement. Avec une tendresse infime, un amour... Que trop présent.

Des papillons venaient s'éveiller dans mon bas-ventre, mon coeur se serrait, et pourtant j'avais l'impression de planer, que nous volions sur un petit nuage cotonneux... Il n'y avait plus rien autour de nous, le monde aurait put s'écrouler, j'y étais aveugle, sourd et insensible...

Non. Il n'y avait plus que toi. Et moi.
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Lysandre Carpenter

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MessageSujet: Re: Rencontre musicale    Ven 2 Sep - 17:57

L'aveugle n'avait pu que laisser son sourire grandir en apprenant qu'il avait du monde à Londres. Alors ils continueraient de se voir souvent. Oh, il se doutait bien que les attentes seraient longues, mais ils se verraient, c'était l’essentiel. Mais nul besoin de penser au futur quand le présent est si appréciable. Les problèmes et les attentes viendraient assez alors, arrêtons d'y penser.

Et puis, les sensations qu'il éprouvait étaient trop douces pour qu'on pense à autre chose. Ce baiser, cela avait été si.... Agréable. Tout son corps avait frémis, chaque partie de son corps avait réagi à ce simple contact. Il avait terriblement apprécié. Comment un tel plaisir pouvait être possible ? Comment autant de bonheur pouvait l'irradier d'un seul coup... Et puis... Lui dire... Qu'il était magnifique... Confirmer toutes ses attentes. Le chérir autant. L'aimer sans doute.

Lys sentit sa main glisser sur sa joue. Il pencha doucement la tête pour profiter un peu plus de ce contact, pour l'appuyer, pour le sentir au plus profond de son être. Profiter de cette peau si étrangement glacé. Pour la contaminer de sa chaleur. Et puis son souffle chercha la sien. Cette attente si irrésistible. Cette recherche si courte et pourtant si longue. Ses lèvres glacées contre les siennes. Cette glace brûlante. Cette odeur si douce. Ces sensations qui faisaient tourbillonner ses idées... Il ne pensait plus vraiment. Son corps semblait dominer son esprit. Tous ces stimulus réveillaient une partie de lui qui sommeillait jusqu'alors. Des envies. Un tas d'envies.

Maladroitement, l'albinos s'approcha un peu plus de Kellian. Il ne savait pas comment s'y prendre. Il ne savait pas vraiment ce qu'il faisait, ni ce qu'il voulait. Il savait juste que... Que cet homme était en train de le rendre fou. Il n'avait jamais eu envie de cela. Il n'avait jamais autant manqué de contrôle, mais avec lui, tout était différent, c'était comme si tout son corps désirait tout simplement lui appartenir. Comme si leurs baisers avaient été un déclencheur. Une bombe de sensations qui en entraînaient un tas d'autres.

Ses mains allèrent se poser sur ses épaules. Sa bouche se détachant un instant de ses lèvres. Son souffle s'était sensiblement accéléré, son cœur lui battait à tout rompre. Le sang parcourait ses veines avec une irréelle rapidité. Il ne s'était jamais senti aussi vivant. Aussi désireux. Aussi curieux. Aussi téméraire. Ses doigts remontèrent dans son cou, glissant délicatement, sensuellement, puis il allèrent se perdre dans sa douce chevelure. S'entortillant dans ces mèches. Ses jambes aussi bougèrent... Il se leva, un instant, se mit face à lui, et posa ses jambes de part et d'autre de Kellian, s'installant plus ou moins à califourchon sur lui. Il avait tellement envie d'être plus proche de lui. D'absorber sa présence. De sentir son corps contre le sien. D'être toujours en contact avec lui. De lui appartenir totalement. Aussi bien mentalement, que physiquement. Il voulait lui témoigner de sa dévotion la plus totale. C'était tellement étrange comme besoin. Il avait l'impression de ne pas être totalement lui même. D'être plus bestial peut-être. Plus primal. Mais, ce n'était pas si désagréable.

Ses lèvres revinrent sur la brûlante glace, s'entrouvrant, cherchant un contact plus approfondi. Plus passionné, plus sensuel. Cela dura quelques secondes, puis se détachant de ce délicieux contact. Son visage alla s'enfouir dans son cou. Il avait tellement d'envies, qu'il se faisait peur. Il avait peur de ce qu'il voulait, peur de ce qu'il faisait.


« Je... Je... Je ne sais pas vraiment ce que je fais.... Je n'ai... Jamais fait ça... » murmura-t-il dans un souffle.

Sa tête resta posée dans son cou. Il avait peur de perdre un peu plus le contrôle de lui même. De faire des choses qu'il pourrait regretter. Que Kellian pourrait lui reprocher.
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