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Enfers & Damnation
Une nouvelle intrigue : Une maladie, un virus, bien étrange ravage la communautés des vampires.
Fièvre, Hallucinations, Vomissements, Coma, Soif de Sang, Sautes d'Humeurs, ... sont au Rendez-vous.

Nous avons une surpopulation de vampires ~ Tentez de favoriser les humains, ou bien la Damnés Ahmès & Akai Yume

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 Doucereuse Folie Ecarlate { Nathaniel

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Ketsia A. Andrews
{ . . . P R I N C E . . . Unkind & &" Handsome ...
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MessageSujet: Doucereuse Folie Ecarlate { Nathaniel    Ven 12 Aoû - 17:19

Douce Folie Écarlate
Comme Londres était belle lorsque la nuit eût posé son manteau de velours sur cette Dame distinguée. Comme elle était belle lorsque la Lune déversait ses rayons pâles sur cette ville scintillante de mille et une lumières. Comme elle était belle lorsque les éclats des étoiles se reflétaient sur les flots calmes de la Tamise… L’air chaud et lourd était agrémenté de quelques douces brises glaciales qui venaient mordre ma peau déjà si froide… Mes longs cheveux d’ébènes dansaient au rythme de la nuit, de ce vent trop frais. J’observais notre Mère, la Lune. Mère des Enfants des Ténèbres, Les Fils de la Lune… Je respirais doucement, pour m’imprégner de ces odeurs de mélancolie, alors que je sentais que la pluie n’allait pas tarder à venir caresser les hommes et leurs grandeurs de ses copeaux liquides.

Je me sentais vide. Je me sentais terriblement perdu. J’étais un misérable rien, face à l’immensité du monde. Et je ne cessais songer à cette soirée… J’essayais de me convaincre que cela s’était bien passé… Mais j’avais tellement mal. Je ne sais pas, je ne sais plus. Qui pourrait me dire si j’ai réellement passé une nuit de luxure avec lui ? Il m’arrive parfois de m’éveiller et de le voir à mes côtés, de te voir dans mon lit. Puis l’instant d’après : plus rien. L’aurais-je tout simplement rêvé ? Après tout, ce n’était pas comme si c’était la première fois que l’érotisme venait se lier à ton image pour m’hanter… Je me souviens de ce cri que tu as poussé lorsque tu as jouis… Tu criais mon prénom. Nathaniel, dis-moi... Est-ce que tu étais vraiment là ? Est-ce que c’est avec toi que j’ai passé la plus belle nuit de ma vie, ou simplement avec des chimères vicieuses et vilaines qui s’amusent à me dévorer… ? J’aimerais pouvoir être certain que si je te souris, que si je viens te voir, tu ne me traites pas en inconnu… Plus j’y pense, et plus je me dis que je délire. J’ai succombé à ma folie et mes délirants fantasmes… Après tout, peut-être que je ne fais que vivre ce que j’espère au plus profond de moi dans mes propres hallucinations. Après tout, peut-être que mon îlot esseulé n’est un refuge seulement pour ma décadence à présent…
Comment ai-je fais pour croire une seule seconde que tu m’appartenais… Comment ai-je cru que j’ai réussis à t’avoir ? … Et même si c’était le cas, je suis un vampire. Je suis né pour charmer, pour tuer. Si tu étais vraiment avec moi cette nuit là… Tu t’es noyé dans ma beauté diaphane, ni plus, ni moins. Comme si j’aurais pu te laisser le choix de me refuser… Peut-être qu’en réalité, je ne t’ai fais que tu mal, peut-être que je t’ai même forcer à m’accepter en toi… Peut-être que c’est juste moi qui vois cette délicieuse soirée… Je n’en sais rien.

J’ai peur tu sais. J’ai peur de me réveiller avec ton corps mort à mes côtés. J’ai peur de te briser, et de te voler ta vie. J’ai tellement envie que tu vives à mes côtés sans te forcer. Que tu le désires, tout simplement. J’aimerais pouvoir devenir humain juste le temps d’une vie, juste le temps de pouvoir être comme toi et de te mériter. J’aimerais pouvoir être la personne que tu désires, que tu aimes comme jamais, réellement. Comment pourrais-je l’être ? Je suis un monstre. Je ne sais que voler et détruire. Comment aurais-je pu t’offrir ce plaisir et cet amour pur cette soirée que je ne cesse de voir et revoir dans ma tête ? Ce n’est pas possible…
Je devrais m’enfuir loin de toi, te laisser vivre avec l’homme que tu aimes, la vie que tu désires, celle que tu t’imagines avant de t’endormir. Ce photographe qui partage ton lit, ta vie, tes peines et tes plaisirs. Ta banalité. Et je suis tellement loin d’être normal… Je suis tellement loin d’être parfait… Oh je ne parle pas de mon physique, bien sûr que je suis parfait et bien plus encore sur ce plan là. Je parle de moi, de ma manière de vivre, de ressentir, d’agir. Je suis faible. Je suis un insecte. Et je ne sais même pas quoi faire pour te mériter, pour que tu poses ton regard sur moi.

Nathaniel, je suis là.

Je tournais doucement les talons. En bas, se trouvait ce flot perpétuel. La Tamise. L’onde passe, l’onde si lasse. Un cercle vicieux, voilà dans quoi j’étais à présent tombé. L’onde passe, l’onde si lasse. Je m’éloignais de ce pont, je filais à cette allure anormale, je laissais le vent fouetter mon corps de glace, mon esprit déchiré. Je laissais ces crocs glacés me mordre encore et encore pour éclater ces failles si profondes en moi. Doucement, la pluie tombait, doucement, je me retrouvais trempé. Mais je n’avais que faire… Je voulais te voir encore une fois. Endormis dans ses bras sûrement, je ne sais pas. J’avais envie de te voir, et de te contempler, toute la nuit durant s’il le faut. Puisque je ne suis qu’un voleur, qu’une ombre qui se glisse dans ta vie pour repartir lorsqu’elle a su capturer ce qu’elle pouvait, à défaut de ce qu’elle voulait.

Nathaniel, je t’en prie.

Agile, souple et surtout rapide, je me glissais à ce balcon que je connaissais si bien depuis ces quelques derniers mois. Une baie vitrée si simple à ouvrir lorsque l’on est Vampire, un appartement si simple à visiter et s’imprégner, lorsqu’on est un détraqué obsédé. Je ne bougeais pas pourtant, restant dissimulé par ces rideaux… Est-ce que j’avais vraiment envie de te voir ? L’envie, oui, assurément. J’en crevais d’envie. Mais je désirais tellement plus, c’était tellement… Tellement prévisible. Est-ce que je saurais me tenir, et rester discret ? Là, juste derrière cette vitre pour t’épier ? Est-ce que je supporterais de te voir l’embrasser, le toucher, l’aimer ?

Nathaniel…

Je fermais les yeux quelques longues secondes. J’inspirais les flots de vos vies quelques secondes. Parfums, effluves, odeurs. Sang. Vie. J’ouvrais les yeux lentement, puis me tournais doucement vers ces vitres, et me décalait légèrement. Un salon, une cuisine, une décoration d’intérieur. Ce couple assis sur le canapé. Ce couple qui… Qui….

Nathaniel, ne me regardes pas.

Je sentais mon cœur se déchirer. Encore. Une nouvelle fois. J’avais beau espérer, je ne ferrais que vivre en rêve… Comment avais-je pu croire une seule seconde que cette nuit… cette passion... Cet amour, ce plaisir, tout ce que je t’ai donné cette nuit là ! Comment ai-je pu croire que tu m’as appartenu ! Comment puis-je être aussi faible et croire mes fantasmes à présent ! Comme si… Comme si j’avais pu te faire l’amour... Autre que dans mes rêves… Comme si tu pourrais abandonner cet humain pour moi…
Je ne voyais plus rien, je ne sentais plus rien, si ce n’était cette douleur et mes larmes qui dévalaient mon visage déformé par mon chagrin.

Comment ai-je pu être aussi crédule ! Si faible ! Comme si un humain devait rythmer ma vie ! Comme si tes désirs pouvaient devenir mes préoccupations ! Comme si tu étais le centre de ma vie… Tu n’es qu’un insecte parmi tant d’autres. Une larve répugnante qui grouille à mes pieds. Je suis Prince. Je suis un vampire. Je suis celui qui flirte avec les bassesses du monde. Je jouis des vices, et je les caresse sans cesse de mes griffes d’acier. Je suis une créature de débauche. Je suis le souverain de ma vie, et je serais alors le prédateur de la tienne. Comme si ma vie ne pouvait dépendre que de la tienne… de ton sourire.

Mais Nathaniel, écoutes-moi.
Ta vie ne tient plus qu’à un fil.
Ce fil que je tiens entre mes doigts…
Je serais alors ton sublime bourreau si vil.

Soudainement, cette baie vitrée vola en éclats.
Bonjour, bonsoir, c’est moi !
Je suis votre invité surprise.
Et cet adorable Thomas, n’est-il pas mieux sans vie ?

Je t’effrayais, oh oui… Et ce fut entre mes griffes que périe ce cher photographe. Je ne touchais pas à son sang, je ne fis que faire chanter ses cervicales. J’enjambais ce corps inerte pour t’atteindre. Oh, toi, mon cher Prince noir. Fou as-tu dit ? Pas le moins du monde, mon amour. Je ne fais que te révéler ma réelle nature, ce que j’étais, je suis, et serais toujours. Et jamais je ne serais l’esclave d’un lien que je n’ai jamais désiré… jamais tu ne serais le souverain de ma vie. De mes sentiments. Non, Nathaniel… Tu seras ni plus ni moins qu’un jouet, un pantin que je déguiserais à ma guise, que je ferrais bouger et chanter lorsque j’en aurais envie… Oublie donc ce que veux dire le mot tristesse et douleur. Je vais t’en faire découvrir leur vrai définition : je vais les graver sur ta chair et ton âme. Ton être tout entier m’appartient à présent. Je suis ce félin majestueux et impétueux : tu n’es qu’une misérable souris qui se retrouve enchaîné à un lit qui n’est pas le sien, dans une chambre qui n’est pas la sienne, pour tenter de survivre quelques jours dans ce monde qui ne t’appartiens pas…

Mon amour, nous allons jouer.
Mon jeu est très simple…
Deux règles.
Première règle : survivre.
La seconde : supplie-moi et je serais un peu plus doux.
Bonne chance mon trésor.

Tu verras, nous voguerons ensemble sur un monde merveilleux, les rivières écarlates de ta douleur… Tu verras, c’est si savoureux et jouissif. Tu crieras, et je ne te libèrerais pas… Tu crieras, et je t’étoufferais. Tu verras, mon monde n’est pas si horrible… Tu verras tu pourras me détester un peu plus chaque seconde qui s’envolera. Après tout, ce n’est pas de ma faute… Oui, ce n’est pas de ma faute ! C’est la tienne. Toi. Misérable humain. Je ne t’ai jamais désiré dans ma vie, et toi non plus… Peut-être ai-je songé quelques instants à ce « nous » hilarant, mais je paie ma faute à présent. N’ai crainte, je vais me rattraper.

Tu n’es que le jouet de mes envies ; tu seras le violon de ma vengeance. Laisse moi guider l’archer sur tes cordes, et nous vibrerons de cette mélodie. Ensemble. Pour une fois, nous serons en osmose. Nous souffrirons ensemble… Ma doucereuse rose… Si tu savais combien j’ai espéré...

J’observais ce corps fatigué allongé sur mes draps de soie. J’observais ton visage humide. Je glissais mes doigts dans tes cheveux. Dis-moi Nathaniel, est-ce que tu sens combien je t’aime ? Est-ce que tu crois que… Non, c’est stupide. Tu serais aussi fou que moi, si ce n’est pas plus si tu réussirais à m’apaiser à t’offrant à moi…

Je m’assis sur mon lit, à présent tiens. Je t’observe. Et j’attends… L’attente du réveil de sa proie ; une délicieuse proie qui se retrouve enchaînée. J’essuie mes larmes.

Tu as vu, comment je suis horrible…

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Nathaniel Cowen

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MessageSujet: Re: Doucereuse Folie Ecarlate { Nathaniel    Mar 6 Sep - 0:58

Depuis cette nuit là, j'avais le plus grand mal à le regarder en face. Que ce soit dans les couloirs de mon agence, pire encore dans mon appartement, le voir me chérir et me couver du regard me rappelait sans cesse cette nuit ou j'avais cédé corps et âme à cette créature désespérée. Un frisson me parcourait quand je venais à y penser et les images de notre étreinte revenaient défiler devant mes yeux pour me prouver à quel point celle ci m'avait marqué, dans tout mon être. Et je n'assumais pas d'avoir trompé sa confiance.
Il faut vraiment que je te dise Thomas... Toutes ces choses qui ne tournent plus rond dans ma tête. Ce soir oui je vais me soulager d'un poids, probablement te faire souffrir aussi. Mais je ne peux pas continuer comme ça. Il faut que tu saches beaucoup de chose. Ce n'est pas que lui, c'est moi aussi...


Nathaniel essayait pourtant, ce soir là, de passer au dessus de tout ça. Il fallait qu'il le lui dise, qu'il lui explique ce qui s'était passé, et qu'il lui dise aussi qu'il ne savait plus trop où il en était. Après cette nuit. Assis sur ce canapé, alors que Thomas allait se pencher pour l'embrasser et le ramener à lui, Nathaniel posa sa main à plat sur son torse et le fit reculer doucement. C'était le moment de lui dire, et ne pas remettre à plus tard cette discussion. D'autant plus que de l'autre côté, du côté où son cœur semblait balançait de plus en plus, il y avait une créature follement passionnée et dangereuse. Il ignorait d'ailleurs encore s'il s'était entiché de lui... la seule chose qu'il reconnaissait, c'était le fait que Ketsia lui trotte dans la tête constamment, lui, ses mots, ses révélations. De ne pouvoir tout dire à Thomas sur ces choses qu'il avait vu lui pesait sur les épaules, le cœur. Il fallait qu'il prenne un peu de distance. Avec tout ça...

- Non... non attends... arrêtes... Il faut que je te dise...

Mais sa voix vu coupé par le bruit d'une vitre qu'on brise et les deux amants virent son ombre dans l'encadrement de la baie vitrée réduite en miette. Il voyait Thomas, innocente victime, succomber devant ses yeux au rythme des crissements de pas du vampire sur le verre cassé. Avec un hoquet de panique, il le vit s'effondrer sur le sol de son salon, inerte, sans vie après ce craquement horrible. Non... Levant des yeux effrayés, paniqués sur le visage du monstre. Non, Ketsia. Il ne le reconnaissait plus, il ne le connaissait pas, cet homme qui faisait irruption devant lui, assassinant sans pitié par... colère ? Non ! Qu'avait il fait pour mériter les foudres de ce monstre.
Monstre oui, il n'hésita pas à cracher ce mot au visage de son bourreau quand il l'approcha pour l'emporter avec lui. Les larmes étaient montées à ses yeux, des larmes de colère et de douleur alors que le décor de ce salon souillé par la mort disparaissait, pour faire apparaître une chambre qu'il ne connaissait pas, et une chaine qui l'entravait pour l'empêcher... De fuir ? Évidemment, c'était là sa seule pensée. Fuir.

Il était écœuré, terrorisé, terré sur ce lit souillé. Chaque apparition de Ketsia près de lui provoquait dans son être l'envie de hurler. Il réclamait qu'on le détache, il voulait partir et n'avait que ces mots à la bouche. Il posait le moins possible son regard sur l'inhumaine créature qui le gardait enchainé à lui, de force, son tortionnaire. Il avait peur. Quand son esprit venait à penser à son frère, seul, qui avait dût se retrouver face au corps de son amant... Il était pris de crises d'angoisse violentes que Ketsia ne saurait calmé qu'en usant de ses dons, de ses artifices pour le faire oublier jusqu'à la prochaine fois le temps d'un cours sommeil. Un sommeil sans rêve, un sommeil lourd d'un esprit épuisé qui lutte contre une menace, contre l'enfermement, contre la souffrance orchestré par un fou furieux malade d'amour. Amour... Si Ketsia avait le malheur de le lui dire, Nathaniel entrait dans une colère folle. Il ne voulait plus entendre le mot amour sortant de sa bouche empoisonnée. Il devenait fou à lier.

Encore un réveil qu'il redoutait. Quand l'humain prisonnier sentit des doigts caressant ses cheveux, il pria tout les dieux du monde pour qu'il le plonge dans un sommeil infini, dans la mort pourquoi pas, pour ne pas voir le visage de son geôlier et bourreau, pour ne pas revivre une journée de plus près de cette créature. Il ne voulait pas ouvrir les yeux, il préférait à la présence du vampire, les ténèbres de son sommeil. Pourtant il le sentit bougé, et fut bien contraint d'ouvrir les yeux. Dès qu'il s'éveilla totalement, son corps douloureux recommença à le faire souffrir. C'était le prix à payer pour refuser de s'offrir à ce monstre. Mais il ne cédait pas. Un peu plus et il en oublierait la nuit d'osmose et de plaisir qu'ils avaient vécu avant la folie démentielle de Ketsia.
Le jeune homme bougea à peine, et se crispa dès qu'il entendit les chaines émettre leur cliquetis habituels. C'était le premier bruit qu'il entendait en se réveillant à présent. Il n'eut besoin que de cligner des yeux pour sentir qu'il avait encore pleuré et que ses larmes avaient séchées sur ses joues sans disparaître. Les autres, humidifiant le grain parfait de sa peau, persistaient à tracer des routes salées sur ses joues.
Malgré la douleur de son corps, Nathaniel eu ce mouvement de recul inévitable en trouvant le vampire sur le lit qu'il occupait maintenant depuis une durée qu'il n'aurait su décrire. Ses yeux encore rougit empli d'une colère matinale qui ne s'était jamais éteinte se posèrent sur la créature avant de se détourner, pour vérifier que la distance soit assez grande. Oh il savait que si Ketsia le désirait, il ne pourrait échapper à son contact. Et il désespéré à chaque pensée qui lui rappelait que le vampire était bien trop fort.

- Va-t-en !, souffla une voix qui voulait criait mais qui ne réussit qu'à produire un son rauque et brisé. Laisse moi !

Quelle folie de croire que ces mots éloigneraient le vampire. Mais il était bien fou à présent, de supporter l'ardeur de la colère et de la souffrance d'une créature bien plus folle que lui encore. Il souffrait, et la peur lui faisait perdre le peu de sens logique et de réalité qu'il avait. Il en perdait même le nord, la notion du temps, le monde. Obnubilé par la furieuse colère et la panique, le dégout, la rancœur. Qu'il souffre ! Nathaniel n'avait plus le cœur à vouloir le comprendre... Après les efforts qu'il avait fait pour accepté tout ça, cette immonde créature le remerciait en le saignant à blanc de toute volonté de vivre et de tout courage.

- Ne m'approche pas ! Dégage !

Sa voix se brisa, il suffoqua, toussa et se recroquevilla sur lui même en poussant un gémissement plaintif à la douleur qui sembla résonner dans tout son corps. La souffrance physique, autant que morale, incessante, elle aussi le torturait joyeusement. Il reprit son souffle et détourna le regard, fermant les yeux pour tenter de ramener son esprit à la raison, d'imaginer une vie bien meilleure, une vie sans mort, une vie sans créature des légendes. Si seulement il n'était jamais allé dans cette chambre, trouvé ce journal. Thomas serait encore en vie... Il serait avec lui et Nikita dans leur salon à manger de la glace devant un film, ou à faire la cuisine.
Des larmes silencieuses montèrent de nouveau, mais il serra plus fort les paupières pour les empêcher de couler alors qu'il sentait son corps qui n'avait pas la force de sangloter.
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Ketsia A. Andrews
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MessageSujet: Re: Doucereuse Folie Ecarlate { Nathaniel    Dim 11 Sep - 20:50

« Ne m’approche pas ! Dégage ! »

Mes doigts s’envolèrent doucement, et j’observais ce petit être chétif s’éloigner de moi… J’observais son visage fatigué, marqué par la colère et la douleur, mais aussi par ses pleurs.
Il me détestait ce petit humain… Je pouvais me persuader de n’importe quoi, je pouvais me dire que je le détestais, que j’allais le tuer, qu’il était le fautif, que ce n’était pas la réalité… J’avais mal. Oh, je ne partageais pas la même douleur que lui… Non, pas le moins du monde… Je me sentais vide, terriblement vide et déchiré. Le moindre de ses regards, de ses mots, de ses gémissements de douleur, le moindre de ses sanglots me secouaient avec force… Comme si quelque chose tentait de me réveiller… Comme si tout cela pouvait s’arrêter, et tout recommencer de zéro… Si mon corps à moi était dénué de plaie sanguinolente, il n’en restait pas moins que je sentais l’intérieur de mon être pourrir sous la haine et ces rejets… Je ne sortais même plus, je n’allais même plus travailler, je ne voyais personne…

Je pleurais.
Toujours un peu plus.

Un monstre, j’étais un monstre, rien de plus… J’aurais beau l’aimer, le détester, espérer, le briser, je savais que ma vie, tout comme la sienne, allait bientôt s’éteindre… Je serais libérer de cet infâme monde, lorsque j’oserais enfin éteindre sa flamme si faible. Je ne bougeais plus, je restais prostré sur un des fauteuils de mon appartement où tout était brisé. Le moindre livre était dépouillé de ses feuilles éparpillées sur le sol. Le moindre morceau de verre, de vaisselle venaient m’écorcher les pieds lorsque j’osais bouger. Je ne mangeais plus, je ne respirais plus. Je ne prenais pas le soin de s’occuper de mon corps… Oh j’aurais beau ressembler à un cadavre sortis de sa dernière demeure, ou même d’un fou psychopathe, je savais que mon aura ferrait tout… Je pourrais encore charmer les humains, si j’en avais envie, même si j’étais laid et monstrueux… Après tout, je n’étais qu’un cauchemar vivant.

Je lui faisais du mal ! Je le faisais hurler à la mort, je le faisais pleurer, et je sentais mon être entier se dérober sous moi ! Mon monde entier devenait trouble, instable et dangereux. Je ne savais plus où était la réalité de mes fantasme éveillé… Je le voyais parfois un sourire aux lèvres à me souffler des mots doux, alors qu’en réalité il était en train de laisser couler les dernières larmes que son corps traumatisé était capable de laisser échapper, tout en me suppliant d’arrêter, de ne pas le toucher, de ne pas le regarder, et le laisser libre… Je ne savais plus, je n’en savais rien, j’avais beau pleurer, gémir, lui hurler dessus, être doux avec lui, ou de fermer les yeux, la réalité et mes fantasmes étaient fourbes et puissants… J’étais esclave de ma pauvre folie, soumis à mes pouvoirs vampiriques qui nous prenaient parfois tous les deux… Parfois, nous étions si loin de cette chambre, dans cette douceur et plénitude au bord d’un lac… On oubliait tout, on vivait ces quelques minutes avec plaisir, rassuré que tout cela s’arrête… Tu avais beau être mon délicieux prisonnier, j’étais celui de cette déchirure qui désarticulait tout en moi… Jusqu’à mes paroles les plus insensés.

Je n’osais plus ouvrir les yeux.
J’avais tellement peur de te voir si déchiré dans mon lit…

Nous passions d’un lac, à une fête foraine. Nous allions dans des jardins japonais, pour nous retrouver l’instant d’après dans cette chambre que je détestais de plus en plus… Que je sois à l’extérieur d’elle, ou assis à quelques mètres de toi à te fixer dormir, je n’en pouvais plus. Mes fantasmes les plus fous avaient beau devenir réalité autour de nous, ils finissaient toujours sur des touches cauchemardesques… Et toujours, je me retrouvais à tes côtés pour voir ton corps trembler, et observer ses plaies qui se trouvaient sur tes cuisses si souvent dénudées, sur tes épaules… Et ces traces de morsures sur ta gorge que je ne prenais pas la peine de dissimuler… A qui ? A ma folie ? A ma raison ? A ma culpabilité peut-être ? …

Cette nuit encore, je l’obligeais à se lever doucement, le guidant, le portant à moitié… Mes dons facilitaient ou compliquaient ces tâches dont je devenais moi-même observateur. Je me voyais l’entraîner, libéré de ses chaînes jusqu’au balcon, pour voir cette immense lune briller… Je savais aussi que je l’apaisais de mes dons, pour qu’il reste calme face à cette nuit si magnifique, aux lueurs de notre malédiction, aux scintillements des étoiles, de nos rêves… Je me sentais me coller contre son dos, caresser ses poignets, ses bras tout en soufflant ces quelques mots horribles, d’une voix si douce et tendre : « Regarde comme la Lune est si belle… Elle brille… Elle dégouline… ». Hallucination encore, mais cette lune si blanche et brillante devenait rouge très lentement, comme si un liquide rougeâtre venait la remplir pour qu’elle diffuse de ses rayons l’ombre de la mort sur le monde entier… Je sentais mes doigts se serrer autour de ses poignets sans que je n’arrive à les contrer, je ne comprenais plus rien… Je ne sentais que cette douleur lancinante à l’intérieur de moi, cette envie qu’il m’appartienne jusqu’à la moindre pensée… Quitte à le rendre fou, quitte à le tuer… Il me quitterait en m’appartenant corps et âme. Et j’entendais ces derniers mots qui firent trembler le peu de raison qui me restait : « Elle dégouline… Du sang de ton frère… Han… Regarde… Ça coule… Ça pue. »

Un rire s’échappait de mes lèvres… Non, des siennes, de ce monstre qui n’était plus moi, de ce vampire malade et fou ! Ce n’était pas ce que je voulais, je n’avais jamais, jamais voulu tout ça… Ce n’était pas possible… J’allais me réveiller de ce cauchemar… Ce n’en était qu’un ! Cela ne pouvait être que ça ! Je ne pouvais pas être ici et ailleurs à la fois, je ne pouvais pas être cette ordure sans cœur qui détruisait la vie de cet homme que j’avais tant désiré…

Un rire ! Un rire fou et dévorant, alors que le monstre vint glisser ses doigts dans les cheveux de cet être si aimé. Des griffes qui tirent sur cette chevelure sauvage, pour le détourner de cette image de sang souillant la pureté de cet astre lunaire, et le pousser à l’intérieur de cette prison. Le jeter dans les tréfonds de cette réalité qui revenait lentement, trébucher sur un corps sur le sol, et le voir, le sentir et surtout le reconnaître… Ce petit frère mort et inerte sur le sol, l’odeur de son cadavre qui embaume la chambre doucement…

Le vampire, ne marchant pas très droit, rentra dans sa chambre, puis siffla, crachant son venin le plus acide à la figure de cet humain si déchiré, faible et détruit :
« Plus personne n’est là pour toi… Ahah… Plus personne ne t’aime… » Un sourire aliéné dévorait les lippes pâles de ce monstre affamé d’amour, dévoré par la démence la plus pure. Tout s’enchaînait, et l’ombre du vampire se retrouvait aux côtés de l’humain. Ses doigts tremblant vinrent caresser sa chevelure doucement et il souffla d’une voix suave et rauque, d’une voix envoûtante mais brisée : « Personne n’en saura rien… Personne ne te pleureras… »

Il ferma les yeux doucement reposant sa tête contre l’épaule de l’humain qu’il entendait une nouvelle fois hurler de cette voix si silencieuse, dans cette cage de folie… Il ne souriait plus, le monstre ne riait plus, il pleurait juste… Il sentait son être se déchirer au rythme des plaintes de son amour, il était secoué de tremblement de douleur, et essuya ses lèvres écarlates doucement, regardant le sang sur ses doigts sans même réagir… Il laissait ses larmes de sang glisser sur son visage si pâle et malade… Il serrait doucement ses doigts sur le seul vêtement à demi déchiré que portait encore l’ancien mannequin… Une poupée déchirée et usée, une poupée détraquée qui allait finir morte et dévorée par son vice le plus puissant… Il suçait sa raison jusqu’à sa moelle, et les hallucinations les heurtaient tous les deux, les poussant toujours un peu plus vers le bord du gouffre….

Son regard se posa sur ce cadavre… Le démon cligna des yeux doucement et eût un petit gémissement, une plainte en réalisant doucement ce qu’il venait de faire, en réalisant tout ce qui l’entourait… Il était fou, totalement fou, cruel et monstrueux… Il laissa ses griffes abimer son grain de satin, et respira soudainement comme si il en avait soudainement besoin. Il s’étranglait sans même avoir ce besoin vital, et il laissa une nouvelle vague de souffrance incandescent le submerger.

Il se noyait.

Puis après quelques petites minutes, il se remit à toucher les cheveux de l’humain qui ne bougeait plus. Il ferma les yeux doucement, et se balança doucement pour laisser sa voix brisée et rauque s’élever sur quelques notes douces et apaisantes. Une chanson en japonais, douce et pure, douce et enfantine, pour cet infâme personnage, perdu dans ce tourbillon de souffrance et de folie… Il ne bougeait presque plus, dans ce tourbillon d’haine et d’amour, il laissait ce filet de sang glisser entre ses lèvres contre sa gorge, en se sentant trembler de froid…
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Nathaniel Cowen

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MessageSujet: Re: Doucereuse Folie Ecarlate { Nathaniel    Mar 27 Déc - 2:06

Et les secondes lui paraissaient des minutes, les minutes des heures, les heures des jours, et les jours des années. Un temps qui semblait avoir été ralentit dans le seul but de le mettre au supplice un peu plus. Il était Prométhée, et le vampire, l'aigle venant nuit et jour lui dévorer le corps et le cœur de cet amour trop violent qui le mettait à genoux et le faisait lentement succomber, alors que sa volonté de lutter l'abandonnait presque totalement à chacun de ses réveils.

Et des réveils, il y en avait un nombre incalculable... Son esprit malade appelait réveil, toutes les fois où il ouvrait les yeux sur cette chambre immonde, après une illusion de quelques minutes dans un endroit paradisiaque construit de toute pièce par son tortionnaire, ou après un court sommeil sans rêve lorsque le vampire le laissait enfin se reposer, lui, son esprit, son corps, dont il avait encore une fois amoureusement abusé. Si au début, ces courts moments de répit l'avait soulagé, invitant son esprit troublé à se perdre encore plus, il commençait à perdre pieds plus rapidement dans ces illusions, hurlant dans de violentes crises de panique à peine se dissipaient elles devant ses yeux, ou même pendant l'une d'elle quand une sensation qu'il ne reconnaissait pas toujours venait lui enserrer la gorge, la tête, le cœur.
Chaque retour devenait un supplice, mais les voyages que Ketsia s'évertuait à inventer pour les soulager tout les deux finissaient eux même par lui faire bien plus de mal que de bien. Sans parler du retour à la réalité, il avait de plus en plus de mal à se plonger dedans... La méfiance semblait habiter son corps comme un poison et la violence de son nom s'y mêlait, coulant dans son corps comme un virus qui ne faisait que muter pour qu'il ne puisse s'en débarrasser. La créature aussi, semblait être à bout, et même si le jeune homme en pâtissait à cause de ces illusions cauchemardesques, il ne pouvait s'empêcher, quand il en avait la force, d'éprouver de la satisfaction lorsqu'il le voyait pleurer ou souffrir alors que la pièce se remplissait de nouveau de ses cris de désespoir. Il finissait par désirer presque ardemment et follement une nouvelle petite scènette pour que le coup de théâtre, le revirement de situation, déchire les espoirs et l'être de son bourreau.

S'il s'était douté de la douleur que provoquerait la prochaine, il ne l'aurait pas prié si fortement dans son lit ce soir là. Comme un zombie dans ces mouvements incohérents, sans entraves, alors que dans un état lamentable, son corps semblait puiser dans ses dernières ressources, et dans ses derniers efforts, pour le suivre jusqu'au balcon, il posa ses yeux sur la lune qui ne lui fit aucun effet, tout comme l'étreinte dans son dos, de ce vampire qui voulait peut être encore se persuadait qu'ils étaient un couple... normal. Le mannequin avait fermé les yeux, immobile sous les caresses tendres de la créature. Oh il avait cette impression d'être totalement stone, dans un monde à part, ni près du vampire, ni sous cette lune, ni dans la vie réelle. Ailleurs. Il sentait son cœur se fendre.

« Regarde comme la Lune est si belle… Elle brille… Elle dégouline… »
- Elle..., il ne put finir sa phrase. Ses jambes s'affaissèrent sous lui et la douleur dans ses poignets qu'il eu soudainement peur qu'il brise le fit plier sous lui et le jeune homme manqua de s'effondrer au sol à genoux.
« Elle dégouline… Du sang de ton frère… Han… Regarde… Ça coule… Ça pue. »
- Nikita ! Nikita ! NIKITA !

Ce nouveau hurlement lui brisa la voix alors qu'une crise revenait faire voler en éclat l'illusion du vampire. Voilà qu'il repensait à son tendre, à son bien aimé frère, que sa captivité avait laissé seul et solitaire. Il aurait donné sa vie pour pouvoir le serrer dans ses bras, l'épargner, lui donner tout ce qu'il pourrait pour le rassurer. Oui sa vie, il la donnerait assurément pour protéger son adorable petit Nikita. Mais les mots de la créature infernale le brisa, lui, son cœur, son corps, avec tellement de violence qu'il en perdit le souffle dans un de ses nouveaux hurlements, alors que la lune se tachait de sang. Il tendit même la main vers cette ignominie comme pour la faire disparaître mais s'était sans compter les griffes d'acier sur sa chevelure, alors que la colère de Ketsia le poussait de nouveau dans la pièce. Il entendit les cliquetis, et tomba en arrière, manquant de se briser la nuque sur le coin du lit. Ô comme il aurait préféré se la briser à ce moment là, avant de remarquer la chose sur laquelle il avait trébuché, un corps... - Thomas ? Non... Trop petit. A genoux il s'approcha pour soudainement se figer comme si la douleur l'avait pétrifié alors qu'on lui arrachait le cœur.

« Plus personne n’est là pour toi… Ahah… Plus personne ne t’aime… »
- Tu... tu l'as tué sale monstre... Tu me l'as pris ! NE ME TOUCHES PAS ! T'as osé le toucher avec la … POURRITURE qui te sert de corps ! Comment tu peux oser pleurer ! Alors que c'est de ta faute ! Depuis le début ! C'EST TOI QUI DÉTRUIT TOUT CE QUE TU TOUCHES ! Tu mérites de crever dans toute la souffrance que tu nous as infligé ! LAISSE MOI ! Allez au diable toi, ton amour monstrueux ! Je ne te pardonnerais jamais d'avoir osé toucher à mon p'tit frère ! JAMAIS T'ENTENDS ! Si tu te relève devant ta monstruosité, j'espère qu'elle te TUERA ! Et à ce moment là... Quand tu crèveras ! Je serais enfin heureux ! MEURT et tu m'offriras la paix et la joie éternelle !

A ce stade, il ne mesurait pas l'ampleur de ses mots, il les pensait cependant tellement profondément alors que son regard voguait du corps inerte de son frère à celui, misérable et recroquevillé du vampire. Ses yeux semblaient brûler de colère, bien que ce ne fut en réalité que les larmes qui inondaient son regard et ses joues, troublant sa vue alors qu'il était penché sur son tendre petit frère, entendant de nouveaux ses rires raisonner, des rires qu'il n'entendrait plus jamais... Les doigts serrés contre le haut du cadavre, et sa main froide et pourtant si douce, il pleura ces étreintes qu'il ne sentirait plus jamais autour de ses épaules, il hurla de désespoir quand son esprit réalisa qu'il ne pourrait plus entendre sa voix, ses adorables sermons. Puis sa voix éclata sous l'effort et il resta là, immobile, haletant, perdant son souffle sous la panique, et n'arrivant à le retrouver que pour peu de temps. Il n'avait d'yeux que pour le visage de son frère dont il ferma les paupières.

Il murmura des paroles sans queue ni tête, on ne sût plus trop alors s'il s'adressait au vampire, à son frère... On distinguait des paroles rassurantes qu'il chuchotait à l'enfant qu'il avait pris dans ses bras alors qu'il donnait des coups d'épaules pour se dégager du contact du vampire, qu'il imaginait parfois simplement sentir dans son dos, dans un éclat de voix rauque et déchirante qui mettait toute son ultime énergie à chasser la créature.

Quand il perçu la voix qui s'éleva difficilement dans la chambre, il se redressa comme un automate et tira dans quelques gémissements de douleur, le corps de son frère jusqu'au lit, mais se retrouvant figé cette fois si dans la douleur physique qui revenait l'assaillir, il stoppa son geste et l'allongea doucement sur le tapis, comme il l'aurait fait dans son lit mortuaire, caressant ses mèches d'une si jolie couleur vanille, celles qui tombaient sur sa nuque. Il tremblait de peur, de colère, de douleur, de froid. Et de longues minutes s'écoulèrent dans le silence simplement brisé par la chanson douloureuse et les sanglots désespérés. Et c'est dans cette petite chanson enfantine qu'on pu entendre alors, une fois les cris apaisés, cette demande faire à mi voix mais que le vampire ne pouvait ignorer, une demande emplie de découragement, de tristesse et de malêtre... Tue moi... Cette voix, elle tremblait mais ce n'était pas à cause de la peur des conséquences de sa requête. Tue moi... Elle était tellement trop déterminée à ce qu'elle voulait. J't'en supplie Ketsia... Elle s'adressait à l'homme qu'il avait pensé pouvoir aimé et non au vampire... cruelle ou implorante. Si tu ne le fais pas je le fais. Nathaniel leva au bout de ce long moment d'ignorance, le regard sur le vampire. Je n'en peu plus... Il se rapprocha de lui tout en tenant fermement encore la main de son petit frère. Tu m'as tout pris, prend la aussi. Ma vie.

Achèves moi...


Cessons ce jeu où pour la première fois, le gagnant est tout autant perdant.

Thomas, il faut que je te dise...
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Ketsia A. Andrews
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MessageSujet: Re: Doucereuse Folie Ecarlate { Nathaniel    Mar 27 Déc - 18:09

Je n’étais plus.
J’étais là, sans être là. J’étais mort.

C’était donc ça… Cette béante déchirure que vous procure le rejet de votre âme sœur… C’était donc ça, cette malédiction. J’avais su mesurer jusqu’alors sa puissance, et son poids… Mais en cet instant, c’était bien pire que tout cela. Je goûtais à la jouissance meurtrière des mots.. Des mots hurlés, des mots soufflés, des mots articulés avec douleur et haine, par les jolies lèvres de votre… Raison de vivre….
Je pouvais même fermer les yeux, même chanter plus fort, rien ne pouvait cesser de faire vibrer cette voix dans tout mon être. Je ne l’entendais pas, non… Je ressentais, je vivais chacun de ces mots. Chaque note, chaque mot, chaque syllabes se déposaient avec violence sur mon être, sur mon cœur de glace. Avec fracas, j’entendais l’hurlement de ce cœur qui ne demandait plus que la paix.
J’avais beau fermer les yeux, je sentais cet acide glisser sur mes joues creuses. J’avais beau serrer plus fort mes doigts sur le corps de cet humain, il me tuait encore de ses mots…

« Quand tu crèveras ! Je serais enfin heureux ! MEURT et tu m'offriras la paix et la joie éternelle ! »

Un hoquet. Un mouvement de recul.
Je n’étais plus qu’une loque. Je posais mes doigts tremblant sur mes lèvres. Je n’avais jamais… Jamais voulu tout ça… Je voulais juste qu’il me regarde, et qu’il me sourit. Je voulais juste savoir si cette nuit était réelle, si j’allais pouvoir vivre mes rêves les plus fous. J’ai espéré pouvoir être assez fort, assez fort pour plaire, assez doué pour retenir ces pulsions meurtrières… Mais oui… J’étais un monstre. Cet amour que je lui vouais n’était pas pur, ni saint… Il était trop fort, trop puissant pour n’importe qui… C’était une torture constante… Qui diable pourrait-il comprendre en ce bas monde que cet amour est maudit, est si malsain ? Il n’est que destructeur… C’est un amour fou, un amour obsédé, un amour sombre et égoïste, un amour dangereux et conquérant qui balaie tout autour, qui emporte dans les plus violentes tornades la raison et la douceur…
Nathaniel, comment te dire… Je suis désolé. Je m’en veux, et bien plus encore. Je n’aurais jamais dû croiser ton chemin, ni même exister. J’aurais dû avoir le courage de disparaître, de ne devenir que poussière dansante dans les flots doux du vent. Par amour seulement, par dévotion, je t’aurais laissé vivre la vie que tu désirais, une vie douce et réelle… Loin… Loin de tout ça, loin de moi et de cette douleur…

Chaque hurlement provoquait en moi une écorchure plus violente. Oh si tu savais comme je suis désolé… Je n’arrivais plus à contrôler mes pleurs, alors que je n’osais presque plus t’observer serrer ce cadavre… Ce corps doux et froid de ce frère que tu aimais de tout ton cœur… Je suis désolé, je ne voulais pas être jaloux… je ne voulais pas le tuer, je ne voulais pas… Oh, je voulais juste que tu m’appartiennes tout entier, que tu ne sois qu’à moi… C’était tellement dur, et si simple… Je voulais juste te l’apporter, pour que tu vois que je pouvais prendre soin de toi…. Mais… Le voir si inquiet… Savoir que tu l’aimais, que lui aussi, ca m’a…. Je….

C’est monstrueux.

J’ai peur de ce que je suis devenu, peur de ce que je te faisais. Comment pouvais-je être capable de telles horreurs ? Non ! Ce n’est pas cela que je désirais pour toi ! Pour nous ! Pour rien au monde je n’avais voulu t’offrir ces cadeaux empoisonnés ! Je voulais te montrer le monde, je voulais t’offrir la Lune si il le fallait. Je voulais valser toute ma vie à tes côtés, j’aurais tout abandonné pour toi ! Cette vie de noble, cette vie de richesse, cette vie de mensonges, pour toi… Tout ce que tu voulais, juste pour te voir sourire, juste pour te savoir heureux. Juste pour que tu veuilles encore me garder à tes côtés.. Juste encore un peu… Je voulais juste t’appartenir pour de vrai… Je serais mort de bonheur à me réveillant à tes côtés… Je serais plongé dans une osmose destructrice si un jour tu aurais partagé mes sentiments… Une once de mes sentiments… Je ne souhaite à personne de posséder les sentiments qui m’habite.

Je suis désolé Nathaniel….
Je n’ai même pas la force d’assumer mes actes, la force de croire en tout ce cinéma. Pitié ! Je voulais me réveiller ! Tout ceci ne pouvait pas être la réalité ! Je voulais voir autre chose lorsque j’ouvrirais de nouveau les yeux. Il fallait que ton image disparaisse lorsque je me réveillerais… Tout ceci n’était qu’un cauchemar, une chimère ! Cela ne pouvait pas être la vérité… je ne pouvais pas être l’auteur d’un tel malheur, d’une telle douleur….

Mais lorsque j’ouvrais les yeux… Encore… C’était pour voir ton visage pâle, ton visage qui était dénué de toute beauté… Oh Nathaniel, je t’ai transformé en monstre, toi aussi.

« Tue moi... J't'en supplie Ketsia...
- Non….
- Tu m'as tout pris, prend la aussi. Ma vie.
– Non… Je… Je voulais pas… Je… Nathaniel, je suis désolé…. Je t’en prie…. »


Je ne discernais plus ton visage, tant ces éclats de diamant m’écorchaient les yeux. Pourtant ma main tremblante se posa sur ton torse, et j’osais vouloir encore te prendre dans mes bras. Je fermais les yeux avec force, pour laisser ces filets de sang couler contre mon visage. Je voulais te prendre dans mes bras une dernière fois. Te sentir contre moi, sentir cette haine qui t’habitait… J’articulais des excuses, des espoirs, mais totalement incompréhensible… Non, c’est vrai, je n’avais jamais désiré une telle chose, pourtant j’étais responsable de tes maux, de ta folie la plus merveilleuse…. Je caressais tes longs cheveux fatigués, et je sentais une nouvelle vague de pleurs m’envahir. Une tristesse si violente. Un désespoir si mordant. J’avais mal moi aussi, et cette douleur était rapide et vive. Elle m’irradiait toute entière, et ce fut à tâtons que je cherchais ta main doucement, je voulais… Croire sûrement une dernière seconde, que quelque chose de plus que cette folie dévorante nous liait. Oh Nathaniel, si tu savais combien je suis désolé…. Je suis désolé de t’aimer si fort… Désolé d’être si faible…

Même le baiser que je déposais contre ta gorge n’était pas tendre, ni amoureux… Je n’avais pas envie d’ouvrir la bouche pour venir te mordre et te voler la vie… Pourtant, je savais que c’était la meilleure chose à faire. Moi non plus, je n’avais plus la force de te regarder souffrir. Je n’avais plus la force d’être le bourreau. Je m’essouffle, moi aussi, j’ai juste envie… Oh. Ne parlons plus de mes envies. Elles ont fait tellement dégâts… J’ai été tellement égoïste jusqu’alors, je ne pensais qu’à moi… Qu’à mon bonheur, à ma propre satisfaction… j’aurais dû le comprendre avant… J’aurais dû…

Nouveau sanglot étouffé… Et puis j’ouvrais doucement la bouche pour venir plonger brusquement mes crocs dans ta gorge. Je ne voulais plus réfléchir, il fallait que je le fasse… Pour toi… C’était ton souhait… C’était le mieux à faire, pour toi. J’aurais tout détruit… J’aurais morcelé ta vie de douleur, et je l’aurais déchiré petit bout après petit bout. Il fallait maintenant que je souffle sur ce tas de cendre, que je laisse la liberté absolu à ces particules…
Mais alors pourquoi… Pourquoi est-ce que j’ai si mal alors que je te vole la vie ? Pourquoi est-ce que j’hurle quand tu reposes enfin dans mes bras ? Pourquoi est-ce que j’ai l’impression de suffoquer alors que je t’appelles encore et encore ? Pourquoi est-ce que tout ne s’est pas arrêté tout simplement avec le battement de ton cœur ? Nathaniel je t’en supplie, réveilles-toi ! Je ne veux pas vivre sans toi ! Je suis désolé, désolé ! Je reconstruirais tout pour toi Tout ce que tu voudras ! Je réveillerais les morts s’il le faut ! Non, non, tu ne peux pas mourir ! Pourquoi est-ce que tu souris, pourquoi est-ce que tu remercies alors que j’entends ton dernier souffle ? Non ! Non ! Ne me remercie pas !

Je serais ton corps, ton cadavre, je ne sais plus, je me balançais doucement, je te berçais pour te calmer, me calmer… Mes pleurs n’étaient pas maîtrisés, pas plus que mes gémissements, mes plaintes, mes cris…. La vie était si fragile… Le bonheur était si insaisissable… La vie aussi…

« NATHANIEL ! …. S’il te plait, s’il te plait… Oh je t’en prie… »

Dernier appel. Dernier espoir.
« C’est toi qui détruit tout ce que tu touches. »
Achevez-moi. Dieu, je vous en prie. Vous vous êtes assez jouez de moi.
L’éternité est trop longue et trop sombre pour moi.
Je suis l’horreur de l’Homme, et j’ai péché, encore, j’ai volé au Monde trois innocents.
Prenez ma vie, prenez mon cadavre, vous ferrez un bien à l’Humanité.

***
« OH KETSIA ! REVEILLES-TOI NOM DE DIEU ! »

Sursaut.
Je me redressais soudainement dans mon lit, le corps en sueur, le visage en larmes, et les poignets en sang. Je sentais mon cœur battre à tout rompre. Je dardais mes pupilles dilatées autour de moi, et j’observais mon confrère le Duc Cain penché au dessus de moi. J’entendais ma respiration saccadée et sifflante… Je sentais mon corps trembler encore… Je ne comprenais pas, j’étais perdu… Tout ceci n’était qu’un rêve ?

Impossible. Je m’étais sentit mourir… Sans prévenir, je bondissais sous le regard étonné de mon cousin pour enfilé une tenue, à la va vite. J’avais le visage d’un homme halluciné, pourtant, vampire que j’étais je me glissais dans cette nuit noire, cette pluie battante pour filer jusqu’à cet appartement… Je voulais en avoir le cœur net… Nathaniel… Il fallait que tu sois en vie… Je vous en prie, je suis prêt à laisser la mienne entre vos doigts pour le rendre la sienne.

J’étais trempé lorsque je traversais le pont. Ma chemise blanche me collais à la peau, mes longs cheveux détachés aussi. Un dernier saut, un dernier effort. Je me hissais lentement sur les balcon. De la lumière. Pitié… Je voulais voir une baie vitrée… Ce couple en train de faire l’amour sur le canapé, si ils voulaient ! Mais pas ce verre brisé, un cadavre sur le sol et du vide… Pitié !

J’avais peur de franchir ce dernier étage, j’avais terriblement peur. J’entendais mon cœur battre à tout rompre. Je fermais les yeux un instant, avant de m’hisser tel un félin, d’une souplesse incroyable sur le dernier balcon. Je m’approchais doucement de cette baie vitrée qui ruisselait de la pluie… Oh. Et je voyais ce couple… Enlacé sur le canapé… Oh.
Un sourire doux se glissa sur mes lèvres… Je reculais doucement en sentant mes larmes brûler mes yeux. Nathaniel était en vie… C’était le plus beau cadeau que l’on pouvait me faire. Ce fut le cœur léger, que je me laissais glisser dans le vide. Une fois dans la rue, je restais immobile un instant, le temps de me remettre de mes émotions… Je n’avais pas tué Thomas. Je n’avais pas tué Nikita. Je n’avais pas tué Nathaniel… Ils étaient tous les trois encore en vie… Il pleuvait, la nuit était tombait… Nathaniel était toujours en vie ! C’était… Magique. Dieu…

Je levais mon regard vers la Lune, et je soufflais un mot : « Merci. »

Nathaniel… Je te promet de te laisser la vie que tu désires.
Je ne serais pas responsable de ton malheur. Ni celui de ta mort.
Je te le promet. Je me le promet. Dès ce soir, je partirais vers New-York.

Je m’éloignais de l’immeuble, avec des larmes de joie et de bonheur triste mêlés à la pluei, ruisselant sur mes joues.

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